Ile-de-France : 27 comités locaux pour l’emploi, reflets d’une diversité territoriale
L’Insee, qui s’est penché sur les comités locaux pour l’emploi franciliens, constate "des disparités d’emploi et de chômage" qui doivent beaucoup à l’histoire et à la géographie.
© Drieets-Insee 2026
La loi du 18 décembre 2023 a instauré une nouvelle gouvernance du réseau pour l’emploi afin d’assurer le déploiement à différents échelons des politiques publiques en matière d’emploi. C’est ainsi que les périmètres des comités locaux pour l’emploi (CLPE) se sont substitués aux "bassins d’emploi" définis il y a dix ans, rappelle l’Insee qui, dans une étude dévoilée le 27 mars dernier, a choisi d’étudier les spécificités du territoire francilien en la matière. En région Ile-de-France, on dénombre 27 CLPE qui couvrent près de 6 millions d’actifs occupant un emploi en 2022, année de référence de l’étude de l’Insee. Ce qui représente 22% de l’emploi total en France métropolitaine. C’est d’ailleurs, souligne l’étude, la seule région qui compte davantage d’emplois que de population résidente en emploi : 7% des emplois régionaux sont occupés par des actifs résidant en dehors de l’Ile-de-France.
Cet indicateur de concentration de l’emploi n’est cependant pas uniforme au sein du territoire francilien. Dit autrement, certains territoires affichent clairement une vocation économique quand d’autres sont davantage "résidentiels". A l’échelle des CLPE, six d’entre eux comptent plus d’emplois que d’actifs résidents occupés ; des territoires qualifiés par l’Insee de "pôles économiques". A l’inverse, une vingtaine d’entre eux ont un profil résidentiel plus marqué, tandis que seul le CLPE de Boucle Nord de Seine est qualifié "d’équilibré". A Paris, dans l’ouest et le nord de la petite couronne, les CLPE sont davantage pourvoyeurs d’emplois que résidentiels : c’est le cas de Grand Paris Seine Ouest et Plaine Commune et bien entendu de Paris et Paris ouest la Défense. En grande couronne, Roissy-Pays de France et Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines présentent également ce même profil "économique". A contrario, les CLPE ayant un fonctionnement essentiellement résidentiel appartiennent généralement à l’est de la petite couronne ainsi qu’à la grande couronne. Des territoires dont une part importante des actifs travaille à Paris. Il s’agit pour l’essentiel des CLPE du nord Val-d’Oise et Centre Val-d’Oise qui comptent deux fois moins d’emplois que de résidents en emploi.
A Paris, les services à forte valeur ajoutée concentrent 90% des emplois
L’Insee constate enfin assez peu d’évolution s’agissant des profils économiques ou résidentiels des différents CLPE, même si le profil résidentiel des territoires situés en périphérie de la région tend à se renforcer tandis que le centre de Paris accueille près du tiers des emplois régionaux. Une caractéristique qui doit beaucoup à la concentration des activités de services à forte valeur ajoutée au point que le secteur représente 9 emplois sur 10. Globalement, dans le centre de Paris et dans l’ouest parisien, 70% des emplois relèvent des services marchands. D’autres territoires comme Paris Est Marne & Bois concentrent davantage d’établissements bancaires au point d’afficher "une surreprésentation des activités financières" (soit 12% de l’emploi total contre 6% en Ile-de-France), souligne l’Insee. A l’autre extrémité du spectre, 6 CLPE franciliens affichent une spécialisation "industrielle" marquée, tels Est 77, Boucle Nord de Seine, Sud 77 ou encore Seine aval. Des territoires qui intègrent pour la plupart le programme Territoires d’industrie. Enfin, deux comités locaux pour l’emploi se caractérisent par une spécialisation forte : Roissy Pays de France dans les activités aéroportuaires et Marne-la-Vallée dans le tourisme récréatif.
L’étude de l’Insee permet également de constater des disparités territoriales face au chômage : son taux est plus élevé dans les territoires du nord de Paris et généralement plus bas dans l’ouest. Fin 2024, la moitié des CLPE franciliens affichaient un taux de chômage inférieur à la moyenne régionale (7%), voire particulièrement bas dans le sud-ouest francilien, Sud-Essonne et Grand Paris Seine ouest où il varie entre 4,3% et 5% seulement. A l’inverse, Est Ensemble, Plaine commune et Paris Terre d’envol dépassent les 10%. S’agissant des niveaux de formation, l’Insee constate que 42% des franciliens ont un diplôme de niveau égal ou supérieur à bac+3. Un chiffre qui atteint 50% à Paris et dans les territoires limitrophes de l’ouest. A l’inverse les moins diplômés sont plus nombreux dans les CLPE de l’est francilien.