Espaces verts - Ile-de-France : moins de 10% des communes sont zéro phyto

En Ile-de-France, 9% des communes ont banni les pesticides pour l'entretien de leurs espaces publics. Un chiffre encore très modeste, révélé le 4 avril par l'agence régionale de la nature et de la biodiversité Natureparif.

Elles ne sont qu’une centaine de communes franciliennes, 122 précisément, à avoir stoppé net le recours aux pesticides sur les espaces dont elles ont la responsabilité directe ou indirecte. Soit 9% sur les 1.200 communes que compte la région. Le 4 avril, l’agence Natureparif a détaillé ce bilan assorti d’une cartographie. Un outil d’ailleurs en vogue : quatre associations environnementales viennent en parallèle de mettre en ligne une carte de France des villes et villages sans pesticides.
En Ile-de-France, ce chiffre de 9% ne reflète néanmoins pas la réelle mobilisation des collectivités franciliennes, de plus en plus sensibilisées à l’enjeu. Plus de 60% sont en effet engagées dans une démarche de réduction, des communes mais aussi des intercommunalités et départements (dont le Val-d’Oise qui est le seul à appliquer le zéro phyto). Un peu moins de 20% des collectivités utilisatrices cantonnent l’usage d’herbicides à leurs terrains de sport, golfs et cimetières. Et les espaces verts et le fleurissement restent les domaines où les objectifs de réductions sont atteints. En cela, Natureparif ne note pas une évolution significative depuis son dernier recensement des pratiques, effectué il y a deux ans. Changement réglementaire oblige, les collectivités ne faisant aucun effort s’exposent néanmoins, selon l’agence, à des poursuites. D’ores et déjà la réglementation en vigueur, via deux arrêtés de septembre 2006 et juin 2011, ne serait pas respectée selon l’agence, qui incite à renforcer l’information des élus et techniciens "sur les risques juridiques qu’ils encourent". D'autant que dès janvier 2020 s’appliquera aux gestionnaires publics la loi Labbé, du nom du sénateur écologiste l’ayant portée, qui a été promulguée le 6 février dernier et qui contraint les collectivités à passer au zéro phyto.
Pour ce faire, elles ne sont pas désarmées et disposent d’outils et d’un accompagnement rôdé, comme a tenu à le rappeler Corinne Rufet, vice-présidente de la région Ile-de-France à l’environnement. Les formations, par des associations ou le CNFPT, et dispositifs d’aide à la mise en place de plans de désherbage ou de gestion raisonnée ne manquent pas dans la région. Ils peuvent inclure du financement, par exemple des aides à l’acquisition de matériels alternatifs. Les élus peuvent aussi se tourner vers les agences de l’eau. Celle de Seine-Normandie accompagne ainsi, à travers un programme dédié, les utilisateurs non agricoles de produits phytosanitaires vers des changements de pratiques au titre de la protection de la ressource en eau, impactée comme elle le souligne par le phénomène de lessivage de ces produits sur les surfaces imperméables qui sont traitées.

 

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