Incendies en Gironde : des incidences sur les cours d'eau mais pas d'inquiétude pour l'eau potable

Les incendies qui ravagent la Gironde et les moyens de lutte utilisés peuvent avoir une incidence sur la ressource en eau du territoire mais ne suscitent pas d'inquiétude quant à la disponibilité de l'eau potable, a expliqué ce 29 juillet à l'AFP Bruno de Grissac, directeur du syndicat mixte d'études pour la gestion de la ressource en eau de la Gironde (Smegreg).

Concernant la quantité d'eau, le département dispose de "plusieurs nappes d'eau souterraine superposées", jusqu'à dix, "les plus profondes étant situées vers 1.000 mètres de profondeur", a-t-il indiqué. "En règle générale", pour les usages moins exigeants en termes de qualité sanitaire, comme la lutte anti-incendie ou l'irrigation agricole, "on fait des forages à faible profondeur, à moindre coût, qui vont exploiter les nappes les plus superficielles", alors que l'eau potable provient "des nappes plus profondes", détaille le responsable. 

Les volumes d'eau utilisés dans la lutte anti-incendie "vont être prélevés un peu sur le réseau d'eau potable, un peu sur des forages dédiés", "un peu sur des forages agricoles", voire "dans des cours d'eau, dans des mares", énumère-t-il. Il évalue à environ "30.000 mètres cube par jour" la quantité d'eau prélevée par les soldats du feu engagés en Gironde, soit l'équivalent de ce qu'auraient consommé les populations évacuées pour leur sécurité.

Selon Bruno de Grissac, l'eau peut subir des pollutions quand il y a des feux dans des zones avec "du bâti ou de l'activité économique qui brûlent", mais "ça va être vraiment très ponctuel" et concerne des ressources qui servent pour l'arrosage de terrains de sport, ou l'irrigation, où "il n'y a pas besoin" d'eau "de qualité extraordinaire".

Concernant les cours d'eau, le largage aérien de produit retardant le feu peut endommager les milieux aquatiques, même si "les largages se font de manière à éviter le déversement direct dans les rivières et plans d'eau", souligne le directeur du syndicat mixte.

Ce produit, composé notamment de phosphates ou de polyphosphates d'ammonium, peut provoquer "une eutrophisation des milieux aquatiques par apport massif de nutriments", en d'autres termes une prolifération excessive d'algues qui consomment l'oxygène de l'eau, entraînant l'asphyxie des poissons et de la faune aquatique.

Un constat formulé notamment par un rapport de l'agence de sécurité sanitaire Anses, publié ce 20 juillet, sur la pollution liée aux incendies de végétation et leurs effets sur la santé humaine et l'environnement.

 

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