Inondations, crues : le gouvernement étudiera le 24 février les premiers dossiers des communes à indemniser

Le gouvernement examinera mardi 24 février les premiers dossiers des communes sinistrées par les inondations d'ampleur qui touchent l'ouest du pays, après avoir promis une "mobilisation totale" et une "indemnisation au plus vite" des villes touchées par les intempéries.

Une commission interministérielle catastrophes naturelles (catnat) se réunira mardi 24 février, "avec deux semaines d'avance", afin d'étudier les premiers dossiers des communes "situées le long des fleuves et des rivières concernées" (Charente, Dordogne, Garonne, Gironde, Loire, Maine, etc.), a annoncé Matignon ce 19 février.

Cette commission se réunira une nouvelle fois le 3 mars, et "d'autres réunions seront planifiées très rapidement" pour traiter tous les autres dossiers "afin de faciliter la reconnaissance d'état de catastrophe naturelle, pour permettre aux sinistrés d'être indemnisés par leurs assureurs dans les meilleurs délais", indique le communiqué du gouvernement.

Un millier de sapeurs-pompiers prépositionnés

Le Premier ministre demande aux forces de sécurité civile et militaire "de se tenir prêtes à poursuivre l'accompagnement des populations" pour "gérer les conséquences de la tempête Pedro et les décrues à venir", ajoute-t-il. Près de 1.000 sapeurs-pompiers, ainsi que d'importants moyens de pompage, sont prépositionnés pour assister les populations et les collectivités locales, détaille le communiqué. La dotation de solidarité en faveur de l'équipement des collectivités locales (70 millions d'euros en 2026) peut être activée par les collectivités concernées une fois les dégâts constatés, précise-t-il.

Le gouvernement appelle de nouveau à respecter les consignes de sécurité et assure qu'il est "pleinement engagé, sans délai et sans relâche, aux côtés des sinistrés".

"L'accalmie des pluies qui s'installe ne signifie absolument pas pour nous l'arrêt des crues" et "globalement les décrues vont être très lentes vu les niveaux d'eau qu'on a atteints dans les rivières et vu la saturation des sols actuels", a indiqué Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central Vigicrues, lors d'une visioconférence ce 20 février.

Niveaux de crues rarement observés simultanément sur plusieurs cours d'eau

Les crues qui touchent l'ouest de la France ont atteint des niveaux rarement observés simultanément sur plusieurs cours d'eau, selon des données provisoires de la plateforme publique Hydroportail et des hydrologues interrogés par l'AFP.

Sur la Maine à Angers comme sur la Charente à Cognac, plusieurs stations hydrométriques enregistraient ce vendredi des hauteurs d'eau inédites depuis le début de leurs séries statistiques, il y plus d'une décennie. Plus au sud, des communes situées sur la Garonne ou la Dordogne avaient déjà connu, ces derniers jours, des niveaux sans équivalent depuis au moins trente ans. Les hydrologues rappellent toutefois que ces mesures brutes peuvent être révisées, les incertitudes étant plus fortes en période de très basses ou très hautes eaux. 

"Ce qui semble inédit cette année, c'est que l'ensemble des rivières et des bassins versants de l'ouest sont en crue", explique Pierre Brigode, enseignant-chercheur en hydrologie à l'École normale supérieure de Rennes. "On enchaîne les épisodes pluvieux sur plusieurs bassins et, avec les confluences, deux crues moyennes peuvent se combiner pour en donner une forte."

À Angers, la Maine a dépassé les niveaux des crues de 2020 et 2021. Son débit était ce vendredi environ trois fois supérieur au débit moyen de février depuis le début des mesures de la station en 2014. À quelque 20 km, la Sarthe à Cheffes-sur-Sarthe est à sa hauteur maximale depuis au moins quinze ans. Le maire a ordonné l'évacuation de ce village d'un millier d'habitants encerclé par les eaux. Sur la Loire, à Saumur, il faut remonter à 1983 pour retrouver un niveau aussi élevé. À Nantes, plus en aval, le débit est au plus haut depuis 1995. La station de Cognac, sur la Charente, a atteint vendredi une hauteur inédite depuis au moins 2013. Sur la Garonne, les stations de Marmande, Tonneins et Agen, mises en service dans les années 1980, ont également enregistré des hauteurs inédites en fin de semaine dernière.

La France a connu 37 jours consécutifs de pluie, un record en métropole. "Ce n'est pas parce qu'on a de la pluie maintenant que ces régions-là ne connaîtront pas des cours d'eau asséchés cet été", prévient cependant Claire Magand, hydrologue à l'Office français de la biodiversité (OFB). La Garonne avait ainsi connu une crue importante en janvier 2022 puis un tarissement marqué durant l'été, dû notamment à des pluies en altitude qui avaient entamé le stock de neige.

 

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