Inondations dans l'Aude : des aides d'urgences annoncées

Alors que le nouveau bilan communiqué par la préfecture de l'Aude ce 17 octobre faisait état de 14 morts suite aux graves inondations survenues en début de semaine, le gouvernement a indiqué la mobilisation d'aides d'urgence pour les sinistrés les plus touchés, ainsi qu'un "fonds exceptionnel" pour aider les communes à la reconstruction.

Au moins 14 personnes ont été tuées et une personne est portée disparue à la suite des graves inondations du début de semaine dans l'Aude, a indiqué ce 17 octobre à l'AFP la préfecture, à la suite de la découverte d'un corps dans la localité de Villalier. Selon ce nouveau bilan, six personnes sont donc décédées à Trèbes, trois à Villegailhenc, deux à Villalier, une à Villardonnel, une à Carcassonne et une à Saint-Couat-d'Aude.
La situation continuait à se normaliser ce mercredi : la décrue se poursuit sur la plaine de l'Aude et la vigilance aux crues a été abaissée du niveau orange au niveau jaune. "La décrue est générale sur l'ensemble du territoire", indique le service d'information sur le risque de crue Vigicrues ajoutant cependant que "les niveaux restent néanmoins élevés".
"Les opérations de nettoyage se poursuivent et on continue de chercher les personnes disparues", a indiqué à l'AFP un responsable du Codis (centre opérationnel départemental d'incendie et de secours) de l'Aude, précisant qu'il y a environ "700 pompiers" qui participent à ces opérations, en plus de personnels de la Sécurité civile.
Cinq personnes ont toutefois été interpellées alors qu'"elles pillaient un camion de denrées alimentaires laissé sans surveillance entre les communes de Barbaira et Trèbes" (Aude), une zone fortement touchée par les inondations, a appris l'AFP auprès de la préfecture. "Il s'agit d'un pillage d'opportunité", a encore indiqué cette dernière. Le préfet Alain Thirion avait indiqué mardi qu'il y avait eu peu de faits de cette nature car des militaires et gendarmes avaient été déployés dès la nuit de lundi à mardi sur les cinq communes les plus exposées. "Il a pu y avoir, avant, quelques exactions commises dans la journée, notamment au moment des interventions des sapeurs-pompiers", avait précisé le préfet.

"Fonds de secours d'extrême urgence"

Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé lundi que le gouvernement allait mettre en oeuvre la "procédure de catastrophe naturelle accélérée", qui permet notamment aux victimes de pouvoir être indemnisées rapidement par les assureurs. Des aides d'urgence pour les sinistrés les plus touchés ont aussi été annoncées. "Il nous faut nous mobiliser pour aider tous ceux qui ont tout perdu (...). Le gouvernement mobilisera les moyens d'intervention sociale pour que chaque adulte, chaque enfant soient aidés financièrement dans les heures qui viennent : 300 euros par adulte, 100 euros par enfant", a déclaré au Sénat ce 16 octobre le nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors des questions au gouvernement. Ces aides relèvent du "fonds de secours d'extrême urgence", a ajouté le nouveau locataire de la place Beauvau. Elles sont, selon les textes réglementaires, versées à titre exceptionnel à chaque victime "d'accident, de sinistre ou de catastrophe de grande ampleur" pour couvrir ses besoins essentiels les plus urgents. Le "fonds de secours d'extrême urgence" a déjà été mis en oeuvre pour les sinistrés de l'ouragan Irma aux Antilles ou lors des inondations de 2016.
Christophe Castaner a également promis qu'"un fonds exceptionnel" serait "mobilisé" pour aider les communes à la reconstruction. Il a également mis en cause l'aménagement des territoires victimes des inondations. "Très souvent, très vite, trop vite, nous oublions le risque, nous oublions le vécu et nous laissons quelquefois aménager dans de très mauvaises conditions", a jugé le ministre.

100 millions d'euros proposés par la Banque postale aux collectivités

D'autres dispositifs d'aides ont été annoncés en direction des collectivités sinistrées de l'Aude. La Banque postale a présenté le 16 octobre un financement d'urgence à taux zéro de 100 millions d'euros pour les communes et intercommunalités déclarées en état de catastrophe naturelle suite aux inondations. Les financements iront de 40.000 à 1 million d'euros par commune, avec une durée de remboursement pouvant aller jusqu'à 18 mois. L'enveloppe globale de 100 millions d'euros sera également ouverte à l'ensemble des actions de prévention mises en place sur le territoire national dans le cadre des projets de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi). La Banque postale entend aussi se mobiliser avec sa filiale de financement participatif KissKissBankBank pour organiser dans les prochains jours des collectes de dons. "L'objectif est de permettre aux citoyens qui le souhaitent de contribuer aux travaux de remise en état des infrastructures locales", a indiqué la Banque postale dans un communiqué.
De son côté, la Mutuelle nationale territoriale (MNT) a annoncé la mise en place d'une procédure d’aide exceptionnelle pour ses adhérents victimes des intempéries dans les zones qui seront déclarées en état de catastrophe naturelle.

 

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