Investissements industriels : la France, quatrième destination mondiale, notamment grâce à trois data centers

Quatrième destination mondiale, fort rebond en 2025, trois data centers accueillis… Sur la période 2021-2025, la France tire son épingle du jeu en matière d'investissements industriels, d'après le baromètre mondial des investissements industriels publié le 22 février 2026. L'activité Défense a doublé en valeur entre 2016 et 2020 et entre 2021 et 2025.

La France est la quatrième destination mondiale des investissements industriels sur la période 2021-2025 avec 139 milliards de dollars, soit un tiers des 468 milliards de dollars d'investissements étrangers réalisés au sein de l'Union européenne. Mais le pays continue à investir davantage à l'étranger (166 milliards) et peu sur son marché domestique (47 milliards). C'est ce qu'indique le baromètre mondial des investissements industriels réalisé par Trendeo et McKinsey & Company et publié le 22 février 2026 (à télécharger ci-dessous). En matière de montants investis (domestiques et reçus), "la France a connu en 2025 un fort rebond, détaille le document, permettant à l'Union européenne de passer devant l'Inde". Les trois data centers de classe mondiale que la France va accueillir, pour un montant de 58 milliards de dollars, expliquent en partie ces bons résultats. "Elle est ainsi le pays qui a reçu le plus d'investissements étrangers pour la construction de centres de données en 2025", détaille le document. Les montants industriels investis sont passés en France de 34 à 86 milliards de dollars.

Une reprise mondiale des investissements industriels

Pour l'ensemble des pays étudiés, en 2025, les investissements industriels mondiaux, après plusieurs années en demi-teinte, une tendance à la baisse en 2022 et 2024, et une relative stabilité en 2023, augmentent de 14% en volume (4.500 projets) et de 32% en valeur (1.800 milliards de dollars d'investissements annoncés). Le tout avec un bouleversement dans la hiérarchie des grandes zones géographiques qui se fait au profit des États-Unis (de 404 milliards de dollars d'investissements industriels en 2022 à 793 milliards en 2024) et au détriment de la Chine (de 555 milliards à 46 milliards en 2025, soit une division par 12).
L'industrie de défense mondiale est un secteur en forte augmentation avec un nombre de projets multiplié par 1,7 et des montants plus que doublés entre 2016 et 2020 et entre 2021 et 2025, en lien avec la guerre en Ukraine et le réarmement occidental. En France, cette activité Défense a doublé en valeur entre 2016 et 2020 et entre 2021 et 2025, passant de 2 à 4,4 milliards d'euros, et de 292 à 456 projets. "Mais la structure diffère du reste du monde, indique le document. Le spatial domine la croissance (+60 projets), l'électronique défense (+22) et le cyber/quantique (+9) surperforment également, tirés par le tissu PME/ETI et les start-up."

Les atouts de la France pour s'imposer en pole position dans certains secteurs

La France consolide la filière Défense autour d'acteurs innovants comme Harmattan IA, première licorne européenne de défense, Turgis Gaillard, premier drone MALE français, ou Eurenco, leader des matériaux énergétiques critiques. De nombreux enjeux restent toutefois à relever pour les industriels de l'armement afin d'accompagner l'afflux d'investissements : l'efficience des capacités industrielles ; l'adaptabilité et l'agilité des sites, des équipes et de la supply chain ; la structuration de la filière des start-up aux grands groupes ; et, en matière de compétences, un nombre suffisant de profils de haut niveau, des compétences à redynamiser sur les filières techniques (soudeurs, usineurs, …) et une attractivité à cultiver dans un contexte de tension sur les talents.

"La France se positionne très bien en matière d'investissements industriels, ce qui est une excellente nouvelle, les données de ce 10e baromètre confirment que nous disposons des atouts pour nous imposer en pole position dans certains secteurs, en attirant des capitaux de pays tiers dans des mégaprojets ciblés, à l'instar des grands data centers", signale Matthieu Dussud, directeur associé en charge du pôle de compétences industries avancées chez McKinsey France dans le communiqué diffusé le 22 février.
En revanche, et sans surprise, le baromètre indique que les investissements dans l'automobile sont en nette baisse : de 276 milliards de dollars en 2022 à 76 milliards en 2025. Ils atteignent leur plus bas niveau depuis 2016 avec une quasi-division par deux des investissements dans le véhicule électrique en 2025.

Les investissements liés à la production d'énergie en baisse

Les investissements liés à la production d'énergie chutent eux aussi, de 57% par rapport à leur moyenne depuis 2016. "Les besoins électriques considérables des infrastructures numériques que sont les data centers ne se traduisent pas encore par une reprise des investissements dans la production d'énergie", explique le document. Les investissements dans les projets renouvelables connaissent une baisse de 77%. Ils sont le plus souvent le fait de projets couplés à des moyens de stockage. 

Pour la première fois, le baromètre analyse les suppressions et créations d'emplois au-delà des investissements. Et dans ce domaine l'Europe, comme les Amériques, présente les plus fortes suppressions d'emplois. Dans ce continent, le taux de créations nettes d'emplois atteint seulement 43%. "La proportion illustre la moindre capacité de l'Union européenne à générer des emplois à partir des nouveaux investissements qu'elle accueille", précise le baromètre.

 

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