Habitat - La chute des ventes de logements neufs suscite l'inquiétude

Avant même que les mesures de rigueur relatives au logement commencent à produire leurs effets (voir notre article ci-contre du 8 novembre 2011), la situation semble se dégrader rapidement dans ce secteur. La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a ainsi publié les chiffres de son indicateur de conjoncture, pour le troisième trimestre 2011. Des résultats portant sur environ 75% du marché du logement neuf et qualifiés de "sans surprise, mais porteurs d'inquiétude". Ceux-ci - qui s'inscrivent dans la continuité du premier semestre - montrent en effet une baisse de ventes (ventes au détail, hors ventes en bloc et hors résidences avec services) de 16% par rapport au troisième trimestre 2010. Les points les plus saillants concernent la forte chute des ventes en accession, qui reculent de 22,5% sur un trimestre, et celle des ventes aux investisseurs, qui chutent également de 22%. Conséquence immédiate : les prix du neuf, sur l'échantillon de la FPI, reculent de 4,3% par rapport au trimestre précédent. Sur les neuf premiers mois de 2011, le recul de ventes de logements neufs est de 17% par rapport à la même période de l'an dernier. Les ventes en bloc - qui se font à plus de 90% à des bailleurs sociaux - ont bien mieux résisté, puisqu'elles affichent une progression de 24% sur les neuf premiers mois de l'année. Mais elles représentent une quantité négligeable au regard des ventes au détail.
Dans un contexte très incertain, une seule chose est sûre : la difficulté vient de la demande, beaucoup plus que de l'offre. Face à ce recul des ventes de 17% sur les trois premiers trimestres de 2011, les mises en vente ont, au contraire, progressé de 12%, malgré un brutal coup de frein au troisième trimestre (-34%). Le résultat de cette double évolution contradictoire est que l'offre commerciale au troisième trimestre 2011 (autrement dit l'offre disponible en fin de trimestre) était en hausse de 31% par rapport à la même date de l'an dernier. Le stock de logements neufs disponibles atteint donc le chiffre record de 8,7 mois d'écoulement, alors qu'il était de 5 mois sur l'ensemble de l'année 2010.
Ces résultats inquiètent d'autant plus que l'annonce d'un coup de rabot en 2012 sur le dispositif Scellier (passage de la réduction d'impôt de 22% à 14%) et le bon démarrage du nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) auraient dû, au contraire, favoriser une progression des ventes. La FPI explique ces mauvais résultats par plusieurs facteurs : la faiblesse de l'accession à la propriété dans le neuf due à la dégradation de la solvabilité des accédants "en dépit du dispositif PTZ+", la frilosité des investisseurs malgré le Scellier (leur part dans les ventes passe de 60% en 2010 à 52% en 2011), la légère augmentation des prix sur un an (+3,3%) et la progression des taux d'intérêt, "même si celle-ci reste modeste".
Dans ce contexte, l'annonce qu'au coup de rabot de 2012 succéderait carrément la suppression du Scellier à compter du 1er janvier 2013 n'a pas manqué de faire réagir la FPI. Dans un communiqué, celle-ci "déplore cette décision qui constitue une grave erreur et va à l'encontre des intérêts des Français". Elle estime que la disparition programmée du Scellier "met à brève échéance en danger la construction de logements qui contribue de façon importante à la croissance économique (12% du PIB marchand), représente plus de 100.000 emplois directs et apporte 2 milliards d'euros de recettes à l'Etat et 600 millions d'euros aux collectivités locales".

Jean-Noël Escudié / PCA

PTZ+ : la réforme inquiète le logement ancien
L'annonce du recentrage du PTZ+ sur le seul logement neuf a fait réagir la Fnaim (Fédération nationale des agences immobilières). Celle-ci rappelle que "c'est le PTZ+ qui a soutenu en 2011 l'activité du marché, en permettant à 300.000 ménages parmi les plus modestes d'accéder à la propriété" et estime que "les conséquences de cette mesure se traduiront dès le 1er janvier 2012, par un ralentissement très net de l'activité avec des conséquences dramatiques [...]". L'impact de la restriction du PTZ+ au seul logement neuf risque d'être d'autant plus durement ressenti que le secteur de l'ancien représenterait aujourd'hui environ les deux tiers des primo-accessions au logement financées par ce dispositif.
 

 

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