Tourisme - La compétitivité touristique de la France subit un sérieux recul

Si la France est toujours la première destination touristique mondiale, elle souffre néanmoins d'un manque de compétitivité. L'étude bisannuelle du Forum économique mondial sur la compétitivité dans le tourisme la place désormais au septième rang mondial, alors qu'en 2011, elle occupait la troisième place du classement.

Le Forum économique mondial publie, comme tous les deux ans, une très riche étude sur la compétitivité dans le tourisme mondial. Sur un plan général, le rapport rappelle que "le secteur du voyage et du tourisme a résisté au ralentissement économique mondial et joue actuellement un rôle important dans la réponse apportée aux défis graves qui se posent sur le plan mondial, y compris le chômage des jeunes, le développement économique et la durabilité environnementale". Selon la responsable du département "Aviation, tourisme et voyage" du Forum, "la gageure que doit affronter le secteur et toutes les parties prenantes, c'est de maintenir cette formidable contribution à la croissance économique et à l'emploi, tout en continuant de poursuivre les objectifs communs visant à promouvoir les voyages et le tourisme mondial de façon proactive, et de protéger les cultures, identités et environnements des pays d'accueil".
Mais c'est surtout le classement des différents pays en fonction de leur compétitivité dans le secteur touristique - à ne pas confondre avec le classement en termes d'entrées de touristes étrangers - qui retiendra l'attention. Celui-ci couvre 140 Etats et repose sur l'agrégation de près de 80 indicateurs. Et le classement 2013 n'est pas bon pour la France, qui perd quatre places entre 2011 et cette année. Notre pays passe ainsi du 3e rang derrière la Suisse et l'Allemagne au 7e rang aujourd'hui (derrière la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis).
La note moyenne de la France (sur une échelle de 0 à 7) recule ainsi de 5,41 à 5,31 (contre 5,66 pour la Suisse). La note de la France est "plombée" par un indicateur particulièrement défavorable : la compétitivité prix dans le secteur du tourisme et des voyages (140e sur 140 !...). Mais d'autres critères, à la portée plus large que ce seul secteur, pèsent aussi sur la compétitivité française dans le tourisme et les voyages : la facilité à embaucher et à licencier (137e), le prix de l'essence (131e), la parité de pouvoir d'achat (129e), le poids et l'impact de la fiscalité (124e), la facilité à embaucher du personnel étranger (119e) ou les taxes sur les billets et sur les aéroports (116e). D'autres points faibles "traditionnels" ressortent également de l'enquête, à l'image de l'attitude des habitants à l'égard des touristes étrangers (80e rang mondial) ou de la part des dépenses consacrées au tourisme et au voyage dans le budget de l'Etat (78e).
La France dispose néanmoins de plusieurs points forts. Certains ne sont pas vraiment discriminants - du moins parmi les pays développés -, comme l'accès à des équipements sanitaires de qualité (1er rang mondial, partagé toutefois avec d'autres pays) ou l'accès généralisé à l'eau potable (idem). D'autres sont, en revanche, plus spécifiques à la France. C'est par exemple le cas de la qualité du réseau routier (1er rang mondial), de la densité de la présence de grands loueurs automobiles (idem), du nombre de téléphones fixes par habitant (2e), des recommandations sur les extensions de voyages d'affaires (2e), du nombre de sites culturels inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco (4e), du nombre de foires et expositions (5e), du taux d'abonnements internet (5e), des ressources culturelles (8e)...
L'étude du Forum économique mondial confirme une faiblesse déjà bien connue de l'industrie touristique française : la difficulté à tirer le meilleur parti économique de la présence de touristes étrangers que ses paysages, sa culture et son mode de vie parviennent pourtant à attirer en masse. Le 7e rang mondial dans la productivité du tourisme et des voyages peut certes difficilement passer pour un échec. Mais le recul révélé par le classement de 2013 interroge d'autant plus qu'il concerne un pays qui conserve encore - bien que désormais menacé par la Chine - le rang de première destination touristique mondiale.
 

 

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