La concentration dans les zones denses expliquerait la meilleure productivité des PMI franciliennes

Les petites et moyennes industries franciliennes sont plus productives que les autres. D'après une note de la Fabrique de l'industrie publiée le 7 septembre 2026, cette surperformance tient davantage aux caractéristiques propres au territoire et à la concentration des activités qu'à la spécialisation sectorielle de l'Île-de-France.

Qu'est-ce qui rend les petites et moyennes industries franciliennes plus productives que les autres ? C'est ce que tente de découvrir une note de la Fabrique de l'industrie, publiée le 7 septembre 2026.

Malgré des handicaps tels que le coût du foncier, les coûts de la congestion des transports ou les difficultés de recrutements, le niveau de productivité des entreprises franciliennes est en effet bien plus élevé que celui des entreprises des autres régions françaises. D'après les données de l'Insee entre 2010 et 2021, la productivité francilienne se situe à 123.300 euros par tête en 2023 contre 89.400 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, et une moyenne de 84.400 pour la France métropolitaine hors Île-de-France. Dans le domaine de l'industrie manufacturière, c'est aussi le cas avec une productivité francilienne de 98.560 euros par emploi en 2021, contre 81.104 par exemple pour l'Auvergne-Rhône-Alpes.

L'effet sectoriel quasi inexistant

Contrairement aux idées reçues, l'effet sectoriel n'y est pas pour grand-chose. On a en effet l'habitude d'expliquer cette surproductivité par la présence en Île-de-France de secteurs à forte valeur ajoutée, parmi lesquels des emplois de services aux entreprises liés à la présence de sièges sociaux de grands groupes, de ministères et grandes administrations, dans la finance ou la mode. "Dans l'ensemble, toutefois, la surreprésentation en Île-de-France des secteurs à haute valeur ajoutée demeure limitée, cette observation laisse supposer que cet effet structurel ne joue pas un rôle déterminant pour expliquer le niveau de la productivité des PMI de la région capitale", estiment les auteurs Diana Karachanski, chargée d'études à la Fabrique de l'industrie, et Abdoulaye Kané, docteur en économie et ingénieur de recherche CNRS en économie spatiale à l'école Mines Paris – PSL. Le tout vient davantage d'un effet "résiduel", en rapport aux facteurs spécifiques à la région comme les avantages technologiques et de localisation. "Sans ambiguïté, ce sont les facteurs propres à la région francilienne qui expliquent son écart de productivité avec les autres régions françaises, assure la note, sa spécialisation sectorielle a, au contraire, une contribution quasi inexistante".

"C'est la concentration des activités qui rend les entreprises plus efficaces"

Autre explication de ce gain de productivité : la concentration de ces entreprises dans les zones d'emplois les plus denses d'Île-de-France. "Nos résultats montrent ainsi que les PMI franciliennes implantées dans ces dernières bénéficient d'un surcroît moyen de productivité de 3,2% par rapport à celles implantées dans les zones d'emplois les moins denses de la région", indique le document. Ces effets sont plus élevés en Île-de-France mais ils ne sont pas spécifiques à la région. On les retrouve en effet dans d'autres régions comme l'Occitanie, le Grand Est, l'Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Les effets positifs sont variés, le partage de connaissances, la mutualisation du marché du travail, le partage d'entrants, les économies d'échelle ou encore des fournisseurs communs", explique Diana Karachanski, assurant que c'est donc bien "la concentration des activités qui rend les entreprises plus efficaces".

À noter toutefois : si toutes les entreprises bénéficient de ces avantages productifs liés à la concentration, celles initialement les plus productives en tirent un gain plus élevé encore que les autres. "Les zones les plus denses, bien qu'elles contribuent à accroître la productivité de toutes les entreprises, creusent donc un écart entre les entreprises les plus et les moins performantes", détaille la note. Des résultats qui peuvent avoir des implications pour la mise en œuvre de politiques régionales avec le choix de privilégier les zones les plus denses, les moins denses ou soutenir la croissance de l'ensemble des entreprises.

 

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