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Tourisme - La Confédération des acteurs du tourisme se verrait bien en ministère bis

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par
Jean-Noël Escudié / P2C
dans

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

La Confédération des acteurs du tourisme (CAT) tenait, le 17 octobre, sa première conférence de presse. Créée au printemps 2017 (voir notre article ci-dessous du 20 avril 2017), elle était restée jusqu'alors assez discrète, même si elle est devenue un interlocuteur incontournable pour les pouvoirs publics. Elle a toutefois profité de ce délai pour s'étoffer et accroître ainsi sa représentativité. Aux sept membres fondateurs se sont en effet ajoutés d'autres acteurs du tourisme, comme le Conseil national des professionnels de l'automobile (CNPA), Domaines skiables de France (DSF), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), ou encore l'Institut français du tourisme (IFT).

Un "interlocuteur unique" pour le gouvernement

La confédération regroupe aujourd'hui une quinzaine d'organisations professionnelles du secteur(*), à dominante privée. Elles représentent environ 45.000 entreprises et emploient près de 400.000 salariés.
Le prétexte à cette prise de parole de la CAT tient à une déception : le récent remaniement confirme l'absence de représentation visible du tourisme au sein du gouvernement. Le tourisme demeure en effet rattaché au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, mais Jean-Baptiste Lemoyne, qui en a la charge au quotidien, reste secrétaire d'État auprès de Jean-Yves Le Drian, sans domaine de compétence affiché. Dans ces conditions, pour René-Marc Chikli, vice-président de la Confédération (et président du Syndicat des entreprises du tour-operating - Seto), "puisqu'il n'y a pas de ministère du Tourisme en France, il faut que le vrai ministère ce soit nous !". De façon plus réaliste, la CAT entend surtout être "un interlocuteur unique" pour le gouvernement, en parlant d'une même voix.

"Faire redécouvrir la France aux Français"

Au-delà de l'affirmation de ce positionnement, la CAT en a profité pour manifester certaines inquiétudes ou pousser certaines revendications des acteurs privés du tourisme. Ainsi, Roland Héguy, le président de la Confédération (et président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie - Umih), rappelle la stagnation des nuitées touristiques des touristes français en France depuis une dizaine d'années. Il appelle donc à "faire redécouvrir la France aux Français". Il insiste aussi sur la valorisation de l'offre touristique dans les territoires ruraux et le soutien à l'hôtellerie dans les petites communes.
Autre crainte de plus en plus prégnante chez les professionnels : le développement de la "tourismophobie" - autrement dit l'hostilité des populations locales vis-à-vis des touristes -, face à la surfréquentation de certains sites ou de certaines destinations. Pourtant, pour la confédération, "le surtourisme n'existe pas en France", mais il faut néanmoins mieux répartir les flux touristiques sur l'ensemble du territoire. Cela suppose notamment l'octroi de droits de trafic supplémentaires aux aéroports de province. Autant de thèmes que la Confédération devrait reprendre et développer dans les prochains mois.

(*) La liste des membres de la Confédération des acteurs du tourisme (les membres fondateurs sont en gras) : Association nationale des acteurs du tourisme (Anat), Comité des armateurs fluviaux (CAF), Conseil national des professionnels de l'automobile (CNPA), Domaines skiables de France (DSF), Entreprises du Voyage (EDV), Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA), Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), Groupement national des chaînes (GNC), Institut français du tourisme (IFT), Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), Syndicat national de la restauration publique organisée (SNRPO), Syndicat des résidences de tourisme et des apparthotels (SNRT), Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), Union française des métiers de l'événement (Unimev).

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