La crise a affecté la fréquentation des centres-villes

Avec la crise sanitaire et le confinement, les Français ont moins fréquenté leur centre-ville mais ils y restent toujours très attachés. C'est ce qui ressort du cinquième baromètre du centre-ville et des commerces de Centre-ville en mouvement présenté le 23 novembre 2020.

"Malgré la crise du Covid-19, les résultats sont extrêmement positifs. S'il y a une baisse, l'attachement des Français à leur centre-ville reste à un niveau très élevé." C'est ainsi que Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, a commenté le 23 novembre 2020 le 5e baromètre de Centre-ville en mouvement présenté en visioconférence. Derrière ce satisfecit, la situation est toutefois plus nuancée. Avec le confinement et la crise sanitaire, les Français fréquentent moins leur centre-ville (c'est le cas de 41% d'entre ; 16% disent au contraire le fréquenter plus souvent). Ils y restent très attachés (64%) malgré une nette diminution sur un an. La proportion est ainsi inférieure de huit points aux résultats de 2019, mais se maintient au-dessus des années précédentes (58% en 2018, 59% en 2017 et 63% en 2016). Elle monte jusqu'à 69% pour les jeunes de moins de 35 ans, 73% pour les jeunes de 18 à 24 ans, et 81% pour les habitants de Paris intra-muros. L'attachement est aussi plus fort chez les habitants des communes du programme Action coeur de ville (69%) contrairement à ceux des communes périphériques qui le sont nettement moins (58%).

Les Français sont toujours plus pessimistes à l'égard de leur centre-ville qu'ils jugent en déclin : 46% en sont convaincus, soit 16 points de plus en quatre ans. Un phénomène moins ressenti par les Parisiens (38%). Cette prise de conscience est "plus aiguë" dans les communes du programme Action cœur de ville et leurs alentours (58%). D'après l'association, ce résultat témoigne d'une connaissance accrue des enjeux du centre-ville pour ces habitants.

Selon les Français, la priorité doit être donnée à la dynamisation des commerces (34%). Viennent ensuite la sécurité des biens et des personnes et le stationnement en centre-ville. Mais au-delà des commerces alimentaires, des restaurants, cafés et terrasses, et des espaces verts (71%), les Français attendent aussi des équipements de santé (65%) - conséquence de la crise -, des services de recyclerie et de réparation et des artisans (54%).

Autre changement : avec la crise sanitaire, les Français se sont davantage tournés vers les commerces de proximité et vers des sites internet spécialisés.

Fonds Friches

Ils se montrent très réservés vis-à-vis du développement des zones commerciales périphériques : un Français sur deux n'y est pas favorable et près d'un tiers souhaite même y mettre un coup de frein. Les habitants des communes périphériques plaident logiquement quant à eux pour un développement de ces zones. "On a la vision de l'aménagement du territoire mené depuis des dizaines d'années : les gens de la périphérie veulent garder ces grandes surfaces car elles sont à proximité de chez eux. On a laissé se développer beaucoup trop de mètres carrés de grands commerces à la périphérie des villes ; les centres-villes en ont énormément souffert. Nous avons besoin de développer des politiques publiques pour regagner ces territoires désertés des centres-villes, ramener de l'habitat, des personnes…", a développé Jacqueline Gourault, insistant sur le fonds Friches mis en place dans le cadre du plan de relance (lire notre article du 9 novembre 2020), doté de 300 millions d'euros. D'après les premières estimations du ministère, près de 150 projets issus des villes bénéficiaires d'Action cœur de ville seraient éligibles au fonds.

Pour les Français, ce sont les maires (75%), mais aussi les commerces de proximité eux-mêmes (43%) et les citoyens (42%) qui sont les plus à même d'agir sur la modernisation des centres-villes. Une grande majorité de Français souhaitent d'ailleurs être pleinement associés à la construction du centre-ville de demain.

Le baromètre a également mesuré la notoriété du programme Action cœur de ville : 40% des Français disent en avoir déjà entendu parler. "C'est énorme", s'est félicitée la ministre. Le programme a été lancé il y a un peu plus de deux ans.

Le baromètre est aussi un plaidoyer pour les villes à taille humaine : 54% des sondés aimeraient vivre dans le centre d'une ville de moins de 20.000 habitants et 34% dans une ville moyenne (entre 20.000 et 100.000 habitants). Un signal important au moment du lancement du programme Petites Villes de demain.

 

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