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Associations d'élus - La Fédération des villes moyennes devient Villes de France, Caroline Cayeux présidente

Ne dites plus Fédération des villes moyennes mais "Villes de France" ! L'association d'élus, qui s'était déjà rebaptisée en 2011 (elle s'appelait jusque-là la Fédération des maires des villes moyennes), a dévoilé ce 19 juin ce changement de nom à l'issue de son assemblée générale annuelle. Une assemblée générale au cours de laquelle a été élu le nouveau président de l'association pour succéder à Christian Pierret (non réélu en mars dernier à la mairie de Saint-Dié des Vosges). C'est en l'occurrence une présidente qui a été choisie, en la personne de Caroline Cayeux, maire de Beauvais et sénatrice UMP de l'Oise. Villes de France sera d'ailleurs ainsi la seule association d'élus locaux présidée par une femme.
Aux côtés de Caroline Cayeux pour présenter le nouveau visage de la fédération, Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse, élu président délégué. La composition du bureau "collégial" de Villes de France entend refléter "toutes les sensibilités" politiques et a "veillé à une répartition équitable des territoires en termes géographiques, a relevé la nouvelle présidente. Les vice-présidents sont Pierre Méhaignerie (Vitré), Gilbert Meyer (Colmar), André Billardon (Le Creuzot) et Jean-Marc Vayssouze-Faure (Cahors). Philippe Buisson (Libourne) devient trésorier et Stéphanie Guiraud-Chaumeil (Albi) devient sa trésorière adjointe, tandis que Frédéric Leturque (Arras) devient secrétaire et Sébastien Jumel (Dieppe) secrétaire adjoint. Le renouvellement de ce bureau témoigne aussi, on le voit, du fait que les municipales ont donné lieu à l'arrivée de nombreuses nouvelles têtes aux commandes des villes moyennes.
Derrière l'accroche Villes de France, la nouvelle appellation officielle complète sera en fait Fédération des villes et intercommunalités de France. "Ce changement de nom marque notre volonté de renforcer notre image, de mieux mettre en valeur et défendre nos villes et leurs communautés d'agglomération à l'heure où le soutien de l'Etat semble surtout s'exprimer en direction des grandes métropoles et des régions", a résumé Caroline Cayeux. Et celle-ci de poursuivre : "Cette lisibilité est importante si nous ne voulons pas être aspirés par la métropolisation notamment. Nous devons montrer ce que le territoire infra-métropolitain apporte au citoyen, être mieux identifiées comme des villes offrant un formidable potentiel économique et de qualité de vie."
Jean-François Debat ne dit guère autre chose : "Les villes centres d'agglomérations offrent une armature entre les métropoles et les territoires ruraux. En réalité, nous contribuons au dynamisme des métropoles, et nous sommes des territoires sur lesquels se structurent les services et les fonctions bénéficiant au monde rural. Or l'actuel projet de réforme territoriale donne l'impression de ne pas laisser grand-chose entre la métropole et le rural. Nous devons donc nous faire mieux entendre du gouvernement." Caroline Cayeux note d'ailleurs qu'avec la fin du cumul des mandats dans trois ans, les associations d'élus vont sans doute devoir revoir leurs stratégies pour se faire "mieux entendre" : "La démarche d'interpellation devra se faire en dehors du parlementaire, ce qui change pas mal les choses. Nous devons nous y préparer dès maintenant."
En adoptant une appellation généraliste telle que Villes de France, la fédération sait qu'elle risque de "recevoir quelques coups de téléphone" de la part d'autres associations d'élus locaux… Et ce d'autant plus, peut-être, qu'elle a de surcroît choisi d'étendre quelque peu le spectre des maires qu'elle entend représenter, en termes de taille de collectivités.
Jusqu'ici en effet, la FVM représentait les maires des villes centres dont la population est comprise entre 20.000 et 100.000 habitants ainsi que les présidents des intercommunalités à fiscalité propre qui intègrent une ville de cette taille. Elle prévoit aujourd'hui de descendre le seuil inférieur à 10.000 habitants. De quoi empiéter sur le terrain de l'Association des petites villes de France (APVF) ? "L'APVF avait de son côté déjà grappillé sur celui de la FVM en réunissant des villes jusqu'à 25.000 habitants, tandis que l'Association des maires de grandes villes avait pour sa part abaissé son seuil à 80.000 habitants", relève un observateur de ce petit monde des associations d'élus… Si des frictions sont donc peut-être en vue, on peut aussi imaginer que le choix de certains maires d'adhérer à telle ou telle association d'élus se fasse désormais sur d'autres critères que la simple taille de leur commune, notamment sur des dominantes thématiques (on sait en effet que chaque association a des sujets de prédilection : l'APVF évoque par exemple très régulièrement la problématique de la carte hospitalière, l'ex-FVM étant pour sa part très sensible à celle de la carte universitaire…). En n'oubliant pas, évidemment, l'incontournable et transversale Association des maires de France (AMF) et ses quelque 34.000 maires adhérents.

 

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