La France a connu son printemps le plus chaud jamais enregistré
La France, tout juste sortie d'un épisode de chaleur exceptionnel, vient de connaître son printemps le plus chaud "depuis le début des mesures en 1900", a annoncé Météo France ce 2 juin.
© Météo France et Adobe stock
"Avec une température moyenne de 13,8°C, ce printemps 2026 est le plus chaud jamais enregistré (anomalie de +1,7°C), devant les printemps 2011 (+1,5°C) et 2020 (+1,3°C)", a indiqué ce 2 juin Météo France dans son bilan climatique de cette saison, qui couvre pour les météorologues la période du 1er mars au 31 mai. "Les trois mois du printemps ont tous été plus chauds que la normale", établie sur la période 1991-2020, et "mai 2026 est le deuxième mois de mai le plus chaud (+2,0°C) derrière mai 2022", a précisé l'établissement public.
Vague de chaleur exceptionnelle fin mai
Le pays a notamment connu fin mai une vague de chaleur exceptionnelle d'une dizaine de jours en raison d'un "dôme de chaleur", une zone de haute pression bloquant l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord. Du fait du changement climatique, essentiellement causé par l'accumulation dans l'atmosphère du CO2 généré par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, les experts estiment que ces vagues de chaleur sont appelées à devenir de plus en plus fréquentes, intenses et précoces.
L'épisode, qui a alimenté des accusations d'"impréparation" du gouvernement par l'opposition, a été qualifié d'"exceptionnel, historique, inédit" par Matthieu Sorel, climatologue à Météo France. De nombreux records de températures mensuels ont été battus à cette occasion mais aucun record absolu, c'est-à-dire tous mois confondus, ne l'a été.
"Plus de la moitié de la France a connu un record mensuel de chaleur (températures minimales et/ou maximales) durant cet épisode, sur un panel de 600 stations environ", détaille le bilan.
Les températures moyennes ont affiché 1,8°C à 2,5°C au-dessus des normales sur la moitié ouest du pays. L’anomalie chaude de 1,3°C à 1,6°C a été un peu moins marquée en Corse et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur au Grand Est. "Durant ce printemps, plusieurs villes ont connu des températures estivales d’environ 30°C dès le début du mois d’avril, comme à Vannes (Morbihan) avec 29,5°C le 8, puis à nouveau fin mai sur l’ensemble du pays avec des températures dignes d’un mois de juillet/août, notamment 33,5°C à Brest (Finistère) le 26 mai ou 36,4°C à Bordeaux (Gironde) le 27 mai", souligne le bilan.
Déficit de précipitations
"Avec un mois d'avril très peu arrosé, le printemps 2026 affiche un déficit de précipitations de 30% et devient l'un des 10 printemps les moins arrosés sur la période 1959-2026", relève encore Météo-France. Les précipitations en Provence-Alpes-Côte d’Azur ont été légèrement plus proches de la normale mais la région Grand Est, déjà peu concernée par les passages de perturbations cet hiver a connu à nouveau un bilan pluviométrique déficitaire au printemps avec un déficit de près de 15% et même proche localement de 50% comme à Strasbourg avec 72 mm. Les cumuls de pluie sur la saison ont atteint 225 mm à Nîmes-Courbessac (Gard) et seulement 150 mm à Brest-Guipavas (Finistère) ou 175 mm à Charleville-Mézières (Ardennes).
Le service météorologique national observe enfin que les sols, très humides au début du printemps, sont devenus "très secs" à la fin de la saison. "L'épisode de chaleur, combiné à l'absence de précipitations, a provoqué un assèchement très rapide et généralisé des sols sur l'ensemble du pays", relève-t-il.
Dans ses grandes tendances pour les trois mois d'été de juin à août, Météo-France prévient que "le scénario plus chaud que la normale est le plus probable pour la France, avec des probabilités plus fortes sur l'Est de l'Hexagone et la Corse". L'établissement public souligne toutefois que ses tendances climatiques à trois mois "ne donnent pas d'information sur la possibilité de dépasser des valeurs inédites sur la saison à venir" et que le scénario plus chaud que la normale "porte sur la moyenne du trimestre".