La situation des nappes phréatiques se dégrade au Nord-Est

La situation des nappes phréatiques s'est récemment dégradée dans un quart nord-est de la France, épargné par les pluies qui ont été abondantes ailleurs dans le pays en janvier, a souligné ce 10 février le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). "On a des tendances qui sont hétérogènes sur l'ensemble de la France, selon les pluies récentes", a résumé Violaine Bault, hydrogéologue du BRGM, en présentant la situation au 1er février. "On a vraiment une dégradation des situations entre décembre et janvier sur les deux-tiers nord de l'Hexagone, sauf évidemment sur la Bretagne", où des pluies abondantes ont même causé des inondations, a-t-elle ajouté.

Dans son bulletin mensuel, le service géologique national rapporte ainsi que les nappes se remplissent peu sur cette partie nord du pays ainsi qu'au Sud-Ouest. "Les situations se dégradent progressivement mais restent généralement satisfaisantes", tandis que "les nappes du Nord-Est affichent des situations plus inquiétantes", observe le BRGM.

Le pays a connu en janvier des pluies abondantes sur la Bretagne, le Roussillon et la Corse, entraînant des inondations, avec un excédent pluviométrique de 30%, selon le bilan climatique de Météo-France publié début février (lire notre article). Mais le Nord-Est est resté à l'écart de ces tendances, avec un déficit de précipitations marqué, atteignant parfois près de 50% sur le nord de la Bourgogne.

A l'échelle du pays, "la recharge est active avec 56% des niveaux en hausse et 26% en baisse (respectivement 63% et 25% en décembre)", précise le BRGM dans son bilan de janvier mais "les niveaux des nappes se détériorent par rapport à décembre. Les situations sont hétérogènes, de bas à très hauts : 40% des points d'observation sont sous les normales mensuelles, 24% sont comparables et 36% sont au-dessus (respectivement 30%, 24% et 46% en décembre)". 

Pour l'avenir, il reste prudent en estimant que "les tendances et l'évolution des situations des nappes sur les prochaines semaines dépendront exclusivement des pluies infiltrées, et donc des cumuls pluviométriques, et du temps de réponse de la nappe".

Parmi les nappes dites réactives - qui réagissent rapidement aux précipitations - les situations devraient "être plus favorables sur le Roussillon et le Languedoc que les quatre étés précédents", marqués par des sécheresses importantes dans ces régions. Mais "les prévisions sont plutôt pessimistes pour les nappes du Nord-Est, affichant des niveaux bas en janvier 2026", estime le BRGM. Selon lui, le retour à des niveaux au-dessus des normales d’ici la sortie d’hiver ne sera possible qu’"en cas d’épisodes pluviométriques suffisants et bien répartis d’ici le milieu du printemps et la reprise de la végétation". Il pointe aussi un risque d’inondation par remontée de nappes ou de crue karstique à court terme, les niveaux des nappes alluviales, des calcaires karstiques et du socle de Bretagne, du Languedoc et de Corse demeurant hauts à très hauts fin janvier.

 

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