La taxe de séjour collectée par Airbnb a plus que doublé en un an

Alors que les prises de position à l'approche des élections municipales tendent encore un peu plus les relations entre Airbnb et les grandes villes ou les villes très touristiques, la plateforme de locations meublées publie les résultats de la collecte de la taxe de séjour en 2019. Les sommes ainsi collectées et reversées aux collectivités s'élèvent à 58 millions d'euros, soit une progression de 142% par rapport aux 24 millions de l'année précédente (voir notre article ci-dessous du 18 janvier 2019) et de 330% par rapport aux 13,5 millions de 2017. Ce chiffre de 58 millions concerne la période de janvier à octobre 2019, les informations relatives aux deux dernier mois de l'année devant être annoncées au cours du premier trimestre 2020. En outre, il faudra ajouter aux chiffres d'Airbnb ceux, moins importants, des autres plateformes d'intermédiation locative.

Selon le communiqué d'Airbnb du 10 janvier, "ces ressources supplémentaires pourront être investies par les villes et les offices du tourisme dans des projets touristiques pour développer l'économie locale et l'attractivité". En termes de répartition, Paris se taille la part du lion avec un reversement de 15,3 millions d'euros, suivie par Marseille (2,3 millions) et Nice (1,8 million). Soucieuse d'éviter le tête à tête avec les grandes villes, Airbnb tient à rappeler que "la taxe de séjour est [...] une ressource émergente pour les petites communes, pour la plupart situées dans des territoires ruraux". La plateforme reverse ainsi plus de 10,5 millions d'euros de taxe de séjour à des villes françaises de moins de 3.500 habitants, soit un montant plus de trois fois supérieur à celui de l'an dernier (3,2 millions d'euros). Autre argument de même type régulièrement utilisé par Airbnb : "alors que seules 7.000 communes disposent d'hébergements de type hôtelier, 28.000 communes françaises ont au moins une annonce sur Airbnb", et sont donc susceptibles de bénéficier d'un versement au titre de la taxe de séjour.

À noter : juste avant les vacances de Noël – et au lendemain de la décision favorable de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sur la nature de l'activité exercée par les plateformes (voir notre article ci-dessous du 3 janvier 2020) –, Airbnb a également publié un communiqué sur la situation à Paris. Selon celui-ci, moins d'un logement entier sur dix loué en 2019 sur la plateforme l'a été plus de 120 jours. Le nombre de ces logements loués plus de 120 jours par an a diminué de 40% à Paris depuis la mise en œuvre du blocage automatique des nuitées au début de 2019. Ces logements représenteraient désormais moins de 0,3% du parc de logements parisiens. Airbnb précise également que les trois quarts d'entre eux sont situés hors du centre de Paris (dans les arrondissements 1 à 4).

 

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