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Social / Hébergement - La ville de Paris lance un "plan de mobilisation" pour l'accueil des réfugiés

Le plan de "Mobilisation de la communauté de Paris pour l'accueil des réfugiés", lancé le 12 octobre, pourrait bien constituer un modèle du genre. Il se décline en trois principes. Un : "aucune hiérarchie ne doit être faite entre les personnes à la rue". Deux : "la mobilisation de Paris est celle des Parisiens". Trois : "la réponse à l'urgence est indissociable de la préparation de l'avenir", d'où les dispositions qui vont au-delà de l'hébergement et abordent l'apprentissage du français, l'emploi, l'accès à la culture et l'accès au (vrai) logement.

Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée de la solidarité, et Sophie Brocas, préfète et secrétaire générale de la préfecture de Paris et d'Ile-de-France, ont présenté, le 12 octobre, le plan de "Mobilisation de la communauté de Paris pour l'accueil des réfugiés". La ville rappelle au passage que, depuis le 2 juin, elle a déjà mis à l'abri 2.263 migrants présents sur le territoire parisien.

D'abord, répondre à l'urgence

Le plan s'appuie sur trois principes. Le premier consiste à affirmer qu'"aucune hiérarchie ne doit être faite entre les personnes à la rue". Sa finalité n'échappera à personne au moment où des voix extrémistes se prennent soudainement d'intérêt pour les "SDF français" contre les réfugiés. Le second affirme que "la mobilisation de Paris est celle des Parisiens", d'où un certain nombre de mesures pour qu'ils puissent s'impliquer dans le dispositif. Enfin, le troisième principe précise que "la réponse à l'urgence est indissociable de la préparation de l'avenir", d'où les dispositions relatives à l'apprentissage du français, ainsi qu'à l'accès à la culture, à l'emploi et à un logement.
Ces trois principes fondateurs se déclinent en 18 "engagements", regroupant chacun plusieurs mesures de portée très concrète. Certains engagements visent effectivement la réponse à l'urgence, encore plus sensible à l'approche de la période hivernale. En relèvent, par exemple, la mobilisation des compétences sociales habituelles de la ville : protection des mineurs isolés étrangers (MIE), protection et accompagnement des femmes enceintes et des femmes avec enfants, instauration d'une "veille sociale renforcée dans l'espace public" (coordination des maraudes, notamment), renforcement de l'accès aux droits, avec en particulier la création d'un guide et de fiches en plusieurs langues, la mobilisation de l'Inalco (ex "Langues O") ou l'organisation de parrainages pour accompagner les réfugiés.

Soutenir l'action des partenaires

La ville et le département étant loin d'être les seuls concernés, plusieurs engagements traduisent "le soutien actif de la ville de Paris à ses partenaires, principalement l'Etat, dans la conduite de leurs missions". Les engagements correspondants comprennent notamment l'amélioration des conditions de prise en charge des nouveaux arrivants (avec la mise en place d'une "méthode parisienne d'accompagnement lors des opérations collectives de mise à l'abri garantes des droits des personnes"), la garantie de l'accès aux soins (avec la mise sur pied d'une équipe mobile intervenant dans les campements) ou la contribution à la création de nouveaux centres d'accueil, sous la forme de mise à disposition de foncier et de bâtiments municipaux.
Relèvent également de ce soutien aux partenaires : la facilitation de l'intégration des réfugiés, l'accès à l'éducation et à la formation, ou encore le lancement d'une "plateforme de ressources et de coordination participative".

Accompagner l'engagement des Parisiens

Une troisième catégorie d'engagements entend "répondre au formidable élan de solidarité initié par les Parisiens pour l'accueil des réfugiés et à assurer son développement". Elle comprend un accompagnement de la mobilisation citoyenne (grâce à la plateforme jemengage.paris.fr et à la mobilisation de la réserve solidaire et des bénévoles du CASVP), l'accompagnement des Parisiens accueillant des réfugiés (adaptation du dispositif "Louez solidaire"), l'organisation du recueil des dons financiers, la structuration de la collecte de biens prioritaires (un point de collecte par arrondissement), ainsi que l'acquisition et le partage de connaissances (mise en place d'un réseau d'experts, partenariat avec l'Ecole de hautes études en sciences sociales, soutien aux initiatives artistiques et culturelles...).

Un volet international, mais pas encore de chiffrage

Enfin, un dernier groupe d'engagements traduit la volonté de développer le soutien aux défenseurs des droits humains à Paris, mais aussi au-delà des frontières. Il s'agit en l'occurrence de développer les solidarités internationales (renforcement de la contribution de la ville à l'aide humanitaire et élaboration d'une charte de l'accueil des migrants à l'échelle européenne), d'accueillir les défenseurs des droits humains et de promouvoir la liberté mondiale de circulation, avec notamment la proposition d'accueillir une conférence internationale sur la question.
Le plan présenté le 12 octobre ne comporte pas de chiffrage. Le communiqué publié à cette occasion indique toutefois qu'"un effort substantiel, de plusieurs millions d'euros, sera réalisé par la collectivité parisienne. Il sera présenté au Conseil de Paris dans le cadre du budget 2016".
 

 

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