L'Anem demande la pérennisation du fonds Avenir montagnes

À l'approche de l'hiver, les élus de la montagne réunis en congrès au Grand-Bornand (Haute-Savoie), les 21 et 22 octobre, exhortent le gouvernement de ne pas reproduire les erreurs de la saison passée. Sur le plus long terme, la présidente de l'Anem, Jeanine Dubié, a demandé de travailler à la pérennisation du fonds Avenir montagnes de 300 millions d'euros cofinancés par l'État et les régions pour aider les territoires de montagne à diversifier leur économie.

À quelques semaines du début de la saison d’hiver, les élus de la montagne attendent encore d’y voir clair. Et la saison blanche de 2020 et 2021 où les remontées mécaniques ont dû rester fermées n’est toujours pas digérée. "Plus jamais", a clamé le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez, vendredi 22 octobre, au Grand-Bornand (Haute-Savoie), à l’occasion du 37e congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (Anem), association qu’il avait présidée il y a quelques années. "On est le seul pays dans le monde, des grandes nations du ski, qui ait intégralement fermé du début à la fin. C’était une folie. C’était n’importe quoi", a-t-il dénoncé, citant l’exemple de l’Autriche et de la Suisse qui n’ont "pas fermé intégralement". "On ne veut pas du passe", a lancé Alexandre Maulin, le président de Domaine skiables de France (DSF) en direction du secrétaire d’État chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, lui rappelant les engagements pris lors du dernier congrès de DSF. "Il faut un message clair. Je vais l’emprunter à Laurent Wauquiez : l’hiver, c’est ouvert", a abondé Jeanine Dubié, la présidente de l’Anem, en clôture du congrès. "Il faut aussi qu’on ait un message très clair sur le passe sanitaire." 

Un fonds de 331 millions d'euros

Après le ministre de l’Agriculture la veille (voir notre article), deux secrétaires d’État étaient présents pour cette seconde journée de débats sur le thème du tourisme : Jean-Baptiste Lemoyne et Joël Giraud (Ruralité), tous deux portant le plan Avenir montagnes de 650 millions d’euros présenté par le Premier ministre à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) le 27 mai (voir notre article). Avec ce plan massif, le gouvernement entend renouer avec les grands plans neiges des années 60/70, sauf qu’il ne s’agit plus de construire des stations de sports d’hiver ex nihilo, mais au contraire de diversifier l’économie de la montagne. Et de la rendre moins dépendante de la neige en allant de plus en plus vers un "tourisme quatre saisons". Il faut que les mesures de ce plan "se concrétisent au bon rythme", a déclaré Jeanine Dubié. "Mais il y a un enjeu très fort avec la pérennisation du fonds Avenir montagnes", a-t-elle revendiqué. Un fonds doté de 331 millions d’euros dont 300 abondés à parts égales entre l’Etat et les régions et 31 millions d’euros de crédits d’ingénierie. Sur ce volet ingénierie, les 32 premiers pilotes (sur soixante) viennent s’être sélectionnés, a rappelé Joël Giraud (voir notre article du 8 octobre 2021).

"Nous devons créer de nouveaux business models rentables"

Si les besoins de ce plan s’étaient fait jour avant la crise, celle-ci a engendré une "prise de conscience", a insisté Jean-Baptiste Lemoyne. "Jusqu’à il y a deux ou trois ans, on considérait que le tourisme c’était un peu comme la cueillette, on se baissait, on ramassait les recettes, tout allait bien. (…) La vertu de cette crise c’est que, du coup, tout un paquet d’acteurs, de décideurs, ont bien vu que [le tourisme] pesait 10% du PIB, que ça a un impact en amont, en aval. Quand vous avez 10.000 restaurants fermés, oui ça a un impact sur les producteurs, et en aval sur tous les services associés, les autocaristes, etc.", a-t-il développé, se réjouissant d’une "forme de sursaut". Seulement, de nombreux élus mettent en garde contre une vision un peu trop parisienne des choses. Pour eux, l’économie du ski reste primordiale. "Aujourd’hui, la diversification sur le hors saison, sur le hors ski n’est pas rentable", a argué Frédérique Lardet, présidente de la communauté d’agglomération d’Annecy, députée de Haute-Savoie. "Si nous voulons nous transformer, nous diversifier, nous devons réinvestir et créer de nouveaux business models rentables." "Le ski, c'est le pivot, sans le ski tout s'écroule", a appuyé Sylvain Charlot, délégué Montagne chez Atout France.
"La diversification n'est pas la substitution", a voulu rassurer Jean-Baptiste Lemoyne. Alors que le ski génère 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires, "avec la diversification, on va amplifier, on va passer à 15 milliards d'euros, parce qu'on va monétiser un certain nombre d'activités nouvelles" sur l'ensemble de l'année.
Joël Giraud, ancien maire de L’Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes), s’est défendu d’une vision technocratique. Le plan Avenir montagnes repose sur du "cousu main", a-t-il plaidé, il s’agit d’accompagner les territoires de montagne dans leur "auto-développement", "c’est l’inverse que de donner des lignes directrices".

 

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