Le gouvernement annonce la relance des appels d'offres pour les énergies éoliennes et photovoltaïques
Le gouvernement a annoncé ce 2 avril la relance des appels d'offres pour développer l'éolien terrestre et en mer ainsi que le photovoltaïque. L'objectif est d'augmenter la production d'électricité et de réduire la dépendance aux importations d'énergies fossiles, dont les prix flambent en raison de la guerre au Moyen-Orient.
© @Economie_Gouv/ Roland Lescure et Maud Bregeon
"C'est un honneur pour moi d'annoncer la relance des appels d'offres pour les énergies renouvelables électriques", a déclaré la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de l'Économie, Roland Lescure, à Bercy ce 2 avril. "Ils constituent la pierre angulaire de notre stratégie énergétique, permettant une montée en puissance rapide et compétitive de notre production électrique", a-t-elle ajouté.
Ces appels d'offres s'inscrivent dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), dévoilée le 13 février dernier, deux semaines avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a entraîné une flambée des prix des énergies fossiles. L'objectif de cette nouvelle feuille de route énergétique est d'inverser la répartition entre pétrole et gaz et énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien terrestre et en mer) en passant de 60% d'énergies fossiles dans la consommation finale de la France aujourd'hui à 60% d'énergie décarbonée d'ici 2030, et 70 % en 2035.
Éolien en mer : 10 GW à lancer
Pour l'éolien en mer, dont les capacités installées ne représentent que 2 GW actuellement, le gouvernement a publié les zones de déploiement et les critères majeurs. "L'objectif 2035, je le rappelle, c'est quinze gigawatts supplémentaires. Cinq gigawatts étaient déjà attribués. Nous lançons les dix gigawatts restants", a annoncé le ministre de l'Économie.
Le gouvernement a pour ce faire fusionné deux appels d'offres qui étaient attendus par la filière, les appels d'offres 9 et 10, dont les premiers lauréats seront désignés d'ici fin 2026-début 2027, selon Bercy. Cela représente une puissance cumulée d'environ 10 GW, dont 5 GW d'éolien posé et 5 GW d'éolien flottant, répartis sur l'ensemble des façades maritimes : Fécamp-Grand-Large, Bretagne-Nord-Ouest, Bretagne-Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, du Golfe du Lion Centre et du Golfe de Fos.
Avec l'éolien posé, les mâts sont fixés sur le fond de la mer, donc relativement proches des côtes, tandis que le flottant peut être installé plus au large ou dans les endroits où le fond marin est vite profond, comme en Méditerranée. Cette technologie est encore récente et le gouvernement veut faire de la France "l'un des leaders européens et mondiaux" de l'éolien flottant, avec un objectif de près de 6 GW en service à l'horizon 2040.
À lui seul, l'éolien en mer "représente environ 37 milliards d'euros en termes de taxes et de retombées économiques et industrielles, directes ou indirectes", a assuré Maud Bregeon. "C'est avant tout un investissement en France et pour les territoires."
Éolien terrestre : priorité au renouvellement des parcs existants
Pour l'éolien terrestre, la priorité est donnée au renouvellement des parcs existants "pour concilier acceptabilité et compétitivité", notamment le renouvellement des parcs existants avec des capacités supérieures plutôt que le développement de nouveaux mats, parfois en butte aux résistances locales. "Une période de l'appel d'offres éolien terrestre se tiendra en mai 2026 pour un volume appelé de 800 MW et une seconde en septembre 2026", a indiqué Bercy. "Seuls les projets ayant déjà obtenu leur autorisation environnementale pourront candidater à cet appel d'offres, garantissant ainsi une exemplarité de ces parcs en matière de limitation des nuisances aux riverains, d'acceptabilité locale, d'intégration paysagère et de protection de la biodiversité", a-t-il précisé.
Photovoltaïque : appels d'offres à venir en juillet
Sur le photovoltaïque, le gouvernement entend optimiser les dispositifs de soutien aux particuliers et aux petites entreprises sur l'autoconsommation, notamment collective, et, pour les projets de plus grande taille, encourager la réimplantation de projets industriels de production de panneaux photovoltaïques en Europe.
L’appel d’offre simplifié pour le petit photovoltaïque sur bâtiment (100-500 kWc) qui sera élargi aux installations au sol, se tiendra en juillet prochain, pour une puissance appelée de 288 MWc. Une période de l’appel d’offres photovoltaïque au sol se tiendra aussi en juillet, pour un volume de 925 MWc. "Un travail sur les modalités de mise en place d’un appel d’offres pour le soutien au photovoltaïque 'toutes technologies' est lancé pour un objectif de publication à l’automne 2026", a aussi ajouté Bercy.
Ces projets complètent l'augmentation de la production du parc nucléaire existant et le lancement de la construction de six réacteurs de nouvelle génération EPR2, dont le premier doit entrer en service en 2038.