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Famille - Le gouvernement lance un réseau d'entraide et de répit pour les familles monoparentales

Intervenant, le 17 février, à l'occasion de la remise des prix Klésia "Accompagnement handicap", Laurence Rossignol a surpris en annonçant le lancement d'un dispositif de soutien aux familles monoparentales. La ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes - qui avait été invitée avant le remaniement, lorsqu'elle était encore en charge des personnes handicapées - a en effet présenté un "réseau d'entraide pour les familles monoparentales", porté par l'Etat aux côtés de huit grands acteurs associatifs (dont la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France, la Fondation pour l'enfance, l'Unaf et la Ligue de l'enseignement).

Rompre l'isolement des familles

Ce dispositif, qui semble n'avoir pas encore de nom, s'appuie sur le constat que les familles monoparentales - dont la personne de référence est à 85% une femme - sont les plus exposées à la précarité, à la pauvreté et à l'épuisement. Pour Laurence Rossignol, "l'absence de temps pour souffler, pour prendre soin d'elles, accentue profondément la vulnérabilité de ces familles". La ministre en a profité au passage pour justifier le périmètre contesté de son ministère (le rapprochement de la famille et des droits des femmes), en expliquant que "famille, enfance et droits des femmes sont intimement liés car une part importante des inégalités subies par les femmes prennent source et se transmettent au sein de la sphère familiale".
Plus concrètement, l'expérimentation - lancée en janvier - entend "constituer une réponse concrète pour les familles monoparentales les plus isolées dans l'exercice de leur parentalité". En pratique, le réseau propose différents types d'intervention, en privilégiant les solutions de répit et d'entraide : soutien scolaire au domicile, parrainages de proximité, soutien à la parentalité, aide au départ en vacances, réseau de pairs... Il s'agit en l'occurrence de rompre l'isolement de ces familles, de tisser du lien avec les mères et leurs enfants et d'offrir à ces parents la possibilité de "souffler". Cette expérimentation s'inscrit dans un ensemble de mesures en faveur des familles monoparentales, au rang desquelles la revalorisation de l'allocation de soutien familial (ASF) et la généralisation de la garantie contre les impayés de pensions alimentaires (Gipa) à compter du 1er avril 2016.

Expérimentation dans cinq départements

La ministre de la Famille a également insisté sur le caractère innovant de ce réseau, en affirmant qu'il repose sur une forme originale de partenariat entre les pouvoirs publics, les associations et les familles elles-mêmes et que l'accompagnement proposé aux familles "ne répond pas à une logique de guichet de prestations". Selon Laurence Rossignol, il repose au contraire sur l'engagement associatif de personnes, dont beaucoup de bénévoles, qui souhaitent consacrer du temps aux autres. Un principe qui rappelle celui du réseau MonaLisa, luttant contre l'isolement des personnes âgées.
L'expérimentation en cours se déroule dans cinq départements (Paris, Seine-Saint-Denis, Nord, Loire-Atlantique et Nièvre). A côté des associations, le réseau réunit aussi des acteurs institutionnels (CAF, conseils départementaux, autres réseaux associatifs…), afin de "croiser les regards et infuser l'action institutionnelle".
En termes de financement, ce réseau d'entraide repose sur une fondation sous égide (fondation abritée par une autre fondation). En l'occurrence, il s'agit de la Fondation pour l'Enfance, qui peut recevoir des subventions publiques et privées.

 

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