Le gouvernement s’engage à mieux protéger les berges des rivières
Lors d'un déplacement en Charente-Maritime ce 22 janvier, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé un vaste plan national de protection et restauration des berges des fleuves et rivières, pour y protéger la biodiversité et mieux gérer les crues.
"Nous allons classer en zone forte de protection un grand nombre de berges de rivières", a déclaré la ministre. "On va s'atteler à un gros chantier qui est la protection des berges de l'ensemble des voies navigables de France et, ce qu'on souhaite, c'est en classer en protection maximum", a-t-elle encore dit. Ce plan, qui portera "à la fois sur la prévention des risques, les réponses au manque d'eau et le renforcement de la biodiversité" est "en cours d'élaboration" et "s'inscrit en cohérence avec l'élaboration du plan national de restauration de la nature, qui sera présenté d'ici septembre", a précisé le ministère.
La ministre a vanté l'intérêt de ces mesures pour la biodiversité mais aussi comme moyen d'éviter les inondations dans les habitations : "Protéger les berges lorsqu'il y a des crues, c'est faire en sorte que l'eau reste au sol et ne se déverse pas plus loin." "C'est un des gros chantiers qu'on va mettre en oeuvre à partir de cette année, ça va prendre du temps : il y a à peu près 4.000 km de voies navigables en France donc on ne va pas faire ça en trois mois", a souligné Monique Barbut.
La France s'est engagée à protéger, d'ici à 2030, au moins 30% des espaces terrestres et marins, dont un tiers sous protection forte, soit 10%. "De nouvelles zones de protection forte seront labellisées dans les prochains mois, notamment pour des écosystèmes fluviaux, parmi les plus riches en biodiversité et les plus menacés", a indiqué le ministère dans un communiqué. "Des sites sont d'ores et déjà identifiés le long de grands fleuves, comme la Loire (Val de Loire, Pointe de Courpain) ou la Seine (Seine Champenoise). D'autres projets sont à l'étude sur l'Allier et le Rhône", a-t-il précisé.
Sur le littoral, la ministre a confirmé le déploiement des jachères dans les estrans. "Il s’agit de mettre temporairement certaines zones au repos, en suspendant certaines activités – notamment la pêche à pied – afin de permettre la régénération naturelle des écosystèmes", indique le ministère. Après une expérimentation menée à Sainte-Marie-de-Ré, deux nouveaux sites sont annoncés en Charente-Maritime, à Charron et Nieul-sur-Mer. Ces sites feront l’objet d’un suivi scientifique et pédagogique, notamment en lien avec les établissements scolaires. D’autres projets sont par ailleurs en cours d’identification.
En parallèle, la ministre a annoncé le lancement d’un travail national, piloté par l’Ademe, pour améliorer la santé des sols forestiers. Des projets pilotes dans ce domaine sont annoncés d’ici la fin de l’année.