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Le nombre de pharmaciens va progresser de 8% à l'horizon 2040, mais leur densité va rester stable

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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
dans

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Cohésion des territoires

France

La Drees s'est penchée sur la démographie à l'horizon 2040 des pharmaciens, appelés à jouer un rôle croissant dans l'offre de soins de proximité. Les effectifs sont restés quasi-stables et devraient connaître une "hausse modérée".

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie les résultats d'une étude sur l'évolution de la démographie des pharmaciens à l'horizon 2040. Un enjeu important lorsqu'on sait que ces professionnels de santé sont appelés à jouer un rôle croissant dans l'offre de soins de proximité et la lutte contre les déserts médicaux (voir nos articles ci-dessous du 8 octobre 2018 et du 24 janvier 2019). Cette étude prospective porte sur l'ensemble des pharmaciens, tous modes d'exercice confondus, mais s'attarde particulièrement sur les pharmaciens d'officine, essentiels à la couverture médicale du territoire.

Près de 80.000 pharmaciens en 2040

Au 1er janvier 2018, la Drees dénombre 73.000 pharmaciens inscrits à l'Ordre et exerçant en France. Curieusement, dans son panorama annuel sur la démographie de la profession, l'Ordre dénombrait, à la même date, 74.043 pharmaciens inscrits (voir notre article ci-dessous du 8 juin 2018). La différence peut toutefois venir du fait que la Drees ne prend en compte que les pharmaciens de moins de 70 ans.

Ces dix dernières années, les effectifs de pharmaciens sont restés quasi-stables (+0,5% entre 2008 et 2018), contrairement aux autres professions de santé : +4% pour les médecins, +43% pour les infirmiers, +23% pour les sages-femmes... La population française ayant augmenté de 5% durant cette période, le ratio s'est donc dégradé, passant de 114 pharmaciens pour 100.000 habitants en 2008 à 109 en 2018. La hausse progressive du numerus clausus depuis 2003 (3.124 places à la rentrée 2018 contre 2.250 en 1985) a toutefois ralenti - sans l'inverser - le vieillissement de la profession, avec toutefois le décalage temporel lié à la durée des études.

Pour l'avenir, la Drees prévoit une "hausse modérée" des effectifs de pharmaciens jusqu'en 2040. Selon le scénario tendanciel, leur nombre progresserait de 8% durant cette période (+0,3% par an), pour atteindre 79.000 en 2040. Après avoir baissé jusqu'à 106 pharmaciens pour 100.000 habitants en 2030, le ratio remonterait à 109 en 2040, autrement dit son niveau de 2018. La raison réside dans la progression de la population française qui, augmentant au même rythme, maintiendrait le ratio de 2040 à son niveau d'origine.

Une profession qui se féminise et va rajeunir

L'étude de la Drees apporte aussi d'autres informations sur la profession. Ainsi, sept pharmaciens sur dix exercent en officine (53% comme titulaires et 47% comme adjoints), une proportion demeurée stable depuis 2011. Les autres pharmaciens se répartissent en 10% dans des laboratoires d'analyses médicales, 9% dans des établissements de santé, 6% dans des entreprises du médicament et 5% dans d'autres structures ou comme remplaçants.

La profession est largement féminisée (68% de pharmaciennes), un mouvement qui va se poursuivre (75% de femmes chez les moins de 30 ans). Toutefois, seules 55% des titulaires d'officines sont des femmes. De même, l'étude montre que les titulaires d'officine, ainsi que les pharmaciens biologistes, ne changent quasiment jamais de secteur d'activité, quel que soit l'âge, ce qui est moins de cas des adjoints et des salariés. Comme pour les médecins, le nombre de pharmaciens diplômés à l'étranger a augmenté ces dernières années : 6% des pharmaciens actifs et inscrits pour la première fois à l'Ordre en 2017 ont ainsi obtenu leur diplôme à l'étranger, contre 1% en 1999.

Enfin, la Drees prévoit que la profession devrait rajeunir : l'âge moyen des pharmaciens passerait de 46,4 ans en 2018 à 44,9 ans en 2040, en raison de la stabilisation du nombre d'entrants dans la vie active (le nombre de places offertes aux étudiants étant supposé maintenu au niveau du numerus clausus de 2018) et d'un nombre plus faible de cessations liées aux départs à la retraite de générations ayant connu un numerus clausus plus faible au début des années 2000. Ainsi, la proportion de pharmaciens âgés de 55 ans ou plus passerait de 31% en 2018 à 23% en 2040.

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