Aménagement du territoire - Le programme de revitalisation des centres-bourg est officiellement lancé

Les membres du comité de pilotage de revitalisation des centres-bourg (CGET, DHUP, DGOM, ministère de la Culture, Anah, Cerema), ainsi que 47 des 54 communes lauréates du programme se sont réunis à Paris, le 3 novembre 2015, dans le cadre du séminaire national de lancement du programme. La plupart des chargés de projet sont désormais en poste au niveau local, 45 territoires ont signé une convention d'ingénierie avec le CGET, et la totalité des conventions valant Opah devraient être signées d'ici à avril 2016 avec l'Anah.

Revitaliser les centres-bourg est d'une "importance déterminante", pour Marie-Caroline Bonnet-Galzy, dans la mesure où ils sont les "clés dans le maillage du territoire, à la fois car ils ont un rôle structurant dans l'accès aux services et car ils nous permettent de dépasser des logiques pures de concurrences territoriales". La commissaire générale à l'égalité des territoires s'exprimait, le 3 novembre, à l'occasion du séminaire de lancement du programme de revitalisation des centres-bourg organisé par le CGET, le ministère du Logement, le ministère de la Culture, l'Anah et le Cerema.
Pour rappel, ce programme a pour objet, dans les 54 communes lauréates, de créer des "projets transversaux qui visent à limiter l'étalement urbain, à redynamiser l'offre de commerces, à créer des équipements et des services adaptés aux besoins des habitants, à relancer les activités, ou encore à rénover ou réaliser des logements dans des communes rurales de moins de 10.000 habitants".

Territoires ruraux en dévitalisation, territoires périurbains en expansion

Au final, deux typologies de territoires se distinguent : des territoires plutôt ruraux en situation de dévitalisation qui ont des parcs de logements vacants et/ou des quartiers d'habitat dégradé, et des territoires périurbains en croissance démographique qui rencontrent des formes d'étalement urbain effaçant la centralité des bourgs, décrit Marie-Caroline Bonnet-Galzy.
Les cinq communes nommées en outre-mer sont aussi confrontées "à une plus forte densité de population et des besoins importants en logement et en accès aux réseaux d'assainissement et de transports", précise Cédric Loret, chef du bureau de l'écologie, du logement, du développement et de l'aménagement durables à la direction générale des outre-mer.
Doté d'un budget global de 230 millions d'euros sur six ans (200 millions d'euros par l'Anah, 15 millions de crédits FNADT et 15 millions d'aides à la pierre), ce programme pourra également bénéficier, comme annoncé lors du dernier comité interministériel dédié aux ruralités, d'une partie de l'enveloppe de 300 millions d'euros issue du Fonds de soutien à l'investissement local et dédiée au développement des bourgs-centres et villes de moins de 50.000 habitants (voir notre article du 15 septembre 2015).

La plupart des conventions d'ingénierie signées

Depuis la nomination des lauréats en novembre 2014, la plupart des chargés de projet sont désormais en poste au niveau local. Philippe Matheron, responsable du pôle systèmes territoriaux au CGET, indique qu'actuellement "la plupart des territoires ont signé une convention d'ingénierie avec le CGET". Seuls "neuf retardataires" devront conclure une convention avant la fin de l'année.
L'Anah, qui doit formaliser avec chaque opération de revitalisation de centre-bourg une convention valant Opah, doit signer "une quinzaine de conventions" d'ici la fin de l'année et ainsi couvrir l'ensemble des 54 communes d'ici avril 2016. "Agir sur l'habitat dégradé est un levier indispensable car la plupart des communes ont un parc de logements insalubres ou indignes, mais pour répondre à l'enjeu d'attractivité, notre volonté est de s'inscrire dans un projet plus global de revitalisation pour prendre également en considération l'accès aux services, aux espaces publics ou aux équipements", relève Blanche Guillemot, directrice générale de l'Anah.
"La principale difficulté est la juxtaposition des périmètres, puisqu'on travaille sur deux périmètres : le centre-bourg, là où on a un gros enjeu de requalification de l'habitat ancien, et le projet de territoire, où on va avoir des actions de limitation de l'étalement urbain et de développement territorial, il faut donc faire en sorte que les deux projets se coordonnent dans le temps et dans l'espace", précise Christian Mourougane, directeur général adjoint de l'Anah.

Une convention Anah/Caisse des Dépôts dans "les prochains mois"

Une convention Anah/Caisse des Dépôts serait signée dans "les prochains mois" pour permettre un accompagnement global des centres-bourg et des centres de villes de moins de 50.000 habitants en cours de revitalisation. Dans le cadre de cette convention, le cofinancement avec l'Anah des études pré-opérationnelles et le suivi animation dans le cadre d'une Opah-RU sera porté de 20 à 25%.
Pour sa part, la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages (DHUP, ministère du Logement) effectue "beaucoup de travail sur les outils et méthodologies qui seront déclinés au sein des services déconcentrés", explique, son directeur, Laurent Girometti. Parmi ces outils, le DHUP cite notamment la démarche écoquartier "qui peut s'adapter à un centre-bourg" et l'appui aux opérateurs, tels que les EPF qui peuvent intervenir dans le cadre de la revitalisation de ces centres-bourg. Les Dreal ont désormais un "réseau de référents centres-bourg" pour jouer le rôle d'"interface entre la centrale et les niveaux locaux".
Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema, établissement public sous tutelle des ministères de l'Ecologie et du Logement), également partenaire du programme, a été missionné sur quatre fonctions : l'animation au niveau régional et interrégional, la conduite d'une démarche de capitalisation d'expériences avec la production de fiches et de guides pour les acteurs, l'évaluation en continu du programme par la création d'un référentiel, et enfin la mise en place d'outils de valorisation. Pour participer à cette valorisation, un site internet qui présente les objectifs du programme et réunit un ensemble de ressources à destination des communes mobilisées a été mis en ligne ce mardi 3 novembre. Il inclut également une partie "suivi et évaluation" qui sera accessible uniquement aux 54 communes lauréates.

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Comment repérer les éléments constitutifs de la centralité d'un bourg ?

Lors de ce séminaire, le sociologue Stéphane Chevrier a présenté son étude sur l'attractivité des centres-bourg, réalisée en 2013 pour l'EPF de Bretagne. L'enjeu de cette recherche est précisément, à travers l'identification d'indicateurs (topographie et morphologie urbaine du site ; présence d'espaces publics ; offre d'habitat, de commerces, et de services, accessibilité par les transports), de repérer les éléments constitutifs de la centralité. L'enquête sociologique a démontré qu'"en fonction de leur sensibilité et de leur histoire, les personnes répondent différemment sur leurs critères de centralité", note Stéphane Chevrier. "Il est donc important que plusieurs professions telles que les architectes, les designers, les sociologues ou des professionnels du marketing territorial soient mobilisées sur ce programme pour mieux appréhender cette notion."

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