"L'écologie en haut de la pile", selon Barbara Pompili

Projet de loi visant à inscrire la préservation de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique à l’article 1er de la Constitution,  projet de loi climat et résilience issu des travaux de la Convention citoyenne, déclinaison du plan de relance, lutte contre le gaspillage des ressources, agenda international : Barbara Pompili a passé en revue ce 22 janvier devant la presse réunie via Twitter les  grands dossiers de l'année de son ministère. 

"Je suis une éternelle optimiste. Optimiste non pas pour occulter les épreuves, mais optimiste pour en sortir par le haut. Et parce que le pire n’est jamais sûr ! Car pendant cette épreuve, la société continue de bouger et d’aspirer à un autre modèle. Et l’écologie est le cœur de cette transformation", a déclaré Barbara Pompili ce 22 janvier devant la presse réunie via Twitter pour un passage en revue des grands dossiers du ministère de la Transition écologique en 2021. Malgré la pandémie, "jamais la question écologique n’a disparu de l’actualité et des préoccupations collectives. On l’a vu pendant le premier confinement et les réflexions sur le monde d’après, plus écologique, plus sobre et plus résilient, a souligné la ministre. On l’a vu, tout au long de l’année, avec le travail de la Convention citoyenne pour le climat. Et là où certains parlaient d’un gadget, les Français se sont passionnés pour cet exercice démocratique inédit". Pas de doute pour Barbara Pompili : "L’écologie est en haut de la pile, au cœur de l’opinion. Au cœur de la société. Au cœur de nos vies, personnelles et collectives. (…) C’est un motif d’espoir (…). C’est une perspective de progrès, de changements."

"Grandes batailles" à venir

C'est pour atteindre cet objectif que "de grandes batailles s'annoncent", a détaillé la ministre.  La première sera de "faire entrer l’écologie au cœur de notre vie démocratique" à travers le projet de loi visant à inscrire la préservation de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique à l’article 1er de la Constitution.  Présenté en conseil des ministres ce 20 janvier, ce texte a suscité un avis très circonspect du Conseil d'Etat (lire notre article de de ce jour). La ministre assure en tout cas qu'elle fera "tout" pour que l’engagement du président de la République d’organiser un référendum "arrive à bon port". Le deuxième grand dossier sera celui du projet de loi Climat et Résilience issu de la Convention citoyenne pour le climat qui doit être présenté en conseil des ministres le 10 février prochain. Avec ce texte, il s'agit "de faire entrer l’écologie dans la vie tout court, dans ce qu’elle a de plus ordinaire. Ecoles, services publics, urbanisme, produits de consommation, justice, entreprises… c’est le cœur du modèle français, nos structures et notre culture, que nous transformons". Et de citer un exemple concret résumant bien selon elle la philosophie de ce texte. "En France, depuis des années, nous avons cédé à la facilité de l’étalement urbain. L’idée, qu’au fond, on peut toujours engloutir des espaces naturels à l’infini, bétonner les terres agricoles (…). Je n’ai pas besoin de vous redire, les conséquences de ce modèle pour l’environnement, les inondations, le climat, la santé humaine, entre autres... Avec cette loi, nous renversons ce modèle. En intégrant dans les textes d’urbanisme locaux une division par deux du rythme d’artificialisation dans les 10 ans à venir et en interdisant la construction de zones commerciales en périphérie des villes sur des terrains non-artificialisés, c’est de l’écologie concrète. Car lutter contre l’artificialisation, c’est non seulement protéger la biodiversité, mais c’est aussi lutter contre la dépendance à la voiture individuelle, contre la multiplication de zones pavillonnaires sans commerces, sans services publics, loin de tout… et le sentiment d’abandon, d’oubli qui s’y développe."
Autres avancées de la loi, a affirmé Barbara Pompili : la généralisation de l'éducation à l’environnement, la préférence donnée au train par rapport aux vols domestiques, l'accélération de la sortie du marché des voitures les plus polluantes, la lutte  contre la pollution de l’air avec la mise en place des zones à faibles émissions...

La fin des vaches maigres

La ministre a aussi vanté les moyens déployés grâce au plan de relance. "Longtemps l’écologie a été le parent pauvre du budget de l’État" mais "avec un plan à 30 milliards d'euros et une augmentation de plus d’un milliard d’euros annuels consacré au développement des énergies renouvelables, cette ère est révolue". Parmi les exemples mis en avant : le soutien à l’achat de véhicules moins polluants à travers les bonus mis en place.  "En un an à peine, la part de marché des véhicules électriques a triplé. Celle des hybrides rechargeables a été multipliée par 5. Il y a aujourd’hui dans notre pays 4.200 bornes publiques de recharge de plus que l’année dernière C’est la preuve que quelque chose de très profond est à l’œuvre", s'est félicitée Barbara Pompili. Autre illustration, la rénovation des logements. "En un an, nous avons enregistré plus de 190.000 demandes de MaPrimeRénov’ et engagé près de 570 millions d’euros d’aides publiques sur ce dispositif. Le lancement du plan de relance en septembre a conduit à tripler le nombre de demandes mensuelles. Et cette année nous allons aller beaucoup plus loin… Avec l’ouverture de MaPrimeRénov’ à tous, sans condition de revenus, nous avons l’ambition de rénover entre 4 et 500.000 logements par an."
"Pour mettre en œuvre ce plan, 2021 marquera aussi un tournant dans la manière d’appréhender l’écologie territoriale, avec la mise en place des contrats de relance et de transition écologique, a assuré la ministre. Depuis le lancement du dispositif fin novembre, nous avons déjà 600 groupements de communes qui ont signalé leur volonté de s'engager dans des projets de territoires communs, tournés vers l'écologie. Nous les accompagnerons." "Ces projets peuvent être de toute nature, comme par exemple dans le Pays Vendômois, où la mobilisation d’un lycée professionnel et des entreprises locales a permis de créer une filière dédiée au véhicule électrique", a-t-elle commenté.

La lutte contre le gaspillage se poursuit

La déclinaison de la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), votée l'an dernier, va aussi se poursuivre.  Après l'entrée en vigueur de plusieurs dispositions dès ce 1er janvier 2021 - interdiction de mise sur le marché de certains objets en plastique à usage unique, comme les couverts, les couvercles de boissons, les pailles, les tiges à ballons, et les boîtes à kebab en polystyrène expansé, indice de réparabilité sur les smartphones, ordinateurs, télévisions, lave-linges et tondeuses électriques pour guider plus facilement les consommateurs – les prochaines étapes verront la création d’une filière pollueurs-payeurs pour les mégots de cigarettes, le développement de la vente en vrac, et une feuille de route interministérielle sur l’impact environnemental du numérique.
Enfin, l'agenda diplomatique sera aussi chargé sur le front du climat et de la nature  avec la préparation de grands évènements prévus en 2020 mais reportés en raison de la pandémie : le congrès mondial de l’UICN à Marseille, la COP 26 de Glasgow sur le climat et la COP 15 sur la diversité biologique à Kunming (Chine).
 

 

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