L'empreinte carbone du tourisme en hausse

Les émissions de gaz à effet de serre issues des activités touristiques sont en augmentation en France, selon une étude de l'Insee. Le poids du transport routier et aérien est prédominant dans ce bilan.

L'empreinte carbone de la consommation touristique est en augmentation mais demeure en dessous du niveau de 2019, montre l'Insee dans sa récente étude intitulée "L'empreinte carbone de la consommation touristique en 2023".

En 2023, cette empreinte carbone de la consommation touristique (loisirs et affaires), correspondant à la quantité de gaz à effet de serre (GES) émis pour produire les biens et services consommés en France par les touristes français et étrangers, est estimée à 75 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq). Elle est en augmentation de 3% par rapport à 2022, mais à un niveau inférieur à celui de 2019 (‑17%), dernière année avant la crise sanitaire.

Si ces 75 Mt d'émissions de CO2 éq ne peuvent pas être comparées aux 583 Mt CO2 éq de l'empreinte carbone totale de la France en raison de leurs périmètres différents, on peut mettre en regard les 0,35 kg CO2 éq par euro de consommation touristique, contre 0,20 kg pour l'ensemble de la demande finale française. Le tourisme présente ainsi une "intensité en carbone" 75% plus élevée que celle de la consommation totale.

34% des émissions de GES attribuées aux touristes étrangers

En outre, les GES dus à la consommation touristique intérieure française sont émis pour 58% sur le territoire national (combustion de carburants pour le transport, consommations d'énergie des établissements et logements touristiques, usages énergétiques des industries touristiques implantées en France), contre 42% émis à l'étranger (extraction de pétrole brut, produits vendus aux touristes fabriqués à l'étranger et acheminés en France, etc.).

34% des émissions de GES sont attribuées aux consommations par des touristes étrangers, lesquels ont tendance à consommer davantage de produits à moindre intensité carbone, tels que les services d'hôtellerie, alors que les touristes français consomment relativement plus de produits fortement émetteurs, tels que les carburants. 

Le poids du transport aérien

Les transports non urbains représentent justement 65% de l'empreinte carbone totale du tourisme. Les carburants routiers achetés par les touristes sont à l'origine de 30% des émissions de GES du secteur. Quant au transport aérien, il représente un quart de l'empreinte carbone, mais ici, il convient de préciser que les émissions des compagnies aériennes étrangères transportant les touristes étrangers ne sont pas comptabilisées. L'Insee ajoute que "le transport aérien contribue à accroître l'empreinte carbone des consommations touristiques" car un euro dépensé dans ce secteur induit les émissions de 1 kg CO2 éq si l'on additionne la combustion de carburant, la construction et le fonctionnement des avions et des aéroports.

Les autres activités touristiques émettent de leur côté une part de GES bien moins importante. Les hébergements marchands (hôtels, campings, autres locations) et non marchands (résidences secondaires) contribuent pour 16% du total, l'alimentation (restauration et achats de denrées alimentaires) pour 11% et les services culturels, sportifs et de loisirs et les biens divers pour 9%. 

Au final, les émissions de GES par euro dépensé en transport sont trois fois plus élevées que celles de l'ensemble des dépenses touristiques. Néanmoins, l'étude nuance en soulignant qu'entre 2019 et 2023, la baisse de l'empreinte carbone associée aux transports aériens représente à elle seule 43% de la diminution totale de l'empreinte carbone des consommations touristiques, notamment en raison de "la baisse tendancielle" du tourisme d'affaires.

 

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