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Les effectifs des personnels médicosociaux des départements sont restés quasiment stables depuis cinq ans

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux met en ligne, sur son site d'Open Data, les dernières données sur le personnel de l'action sociale et médicosociale, portant sur l'année 2019. Ces chiffres sont tirés de l'enquête "Aide sociale", menée chaque année auprès des départements. Celle-ci recueille des données sur les bénéficiaires et les dépenses d'aide sociale, mais aussi sur les effectifs par département. La période couverte par ces données commence en 2014, ce qui permet de disposer d'un certain recul.

Le principal enseignement à tirer de ces données est la relative stabilité des effectifs. Au 31 décembre, les départements employaient 120.400 personnes au titre de leurs compétences dans le champ social et médicosocial. Ces effectifs se répartissent en 37.300 agents administratifs et techniques, 36.600 assistantes familiales et près de 31.600 agents sociaux et éducatifs. Hors assistantes familiales, qui constituent une catégorie un peu particulière puisqu'elle n'a pas le statut de la fonction publique territoriale et exerce à son domicile, les effectifs (en ETP) se répartissent en 31% pour l'action sociale polyvalente, 18% pour l'ASE (aide sociale à l'enfance), 16% pour la PMI (protection maternelle et infantile), 13% pour l'aide sociale aux personnes âgées ou handicapées et 9% pour l'insertion.
Depuis 2017 (les données en amont faisant l'objet d'une présentation différente ou incomplète qui rend leur total difficilement comparable), ces chiffres sont remarquablement stables. Les effectifs totaux (métropole et Drom hors Mayotte), en intégrant les assistantes maternelles, sont ainsi de 119.636 en 2017, 119.353 en 2018 et 119.534 en 2019 (-0,1%). Si on exclut les assistantes maternelles, les chiffres sont respectivement de 82.035, 82.276 et 83.124 (+1,3%). Il apparaît ainsi que la légère augmentation des effectifs hors assistantes maternelles est "compensée" par une diminution du nombre de ces dernières. 

Une légère progression pour le personnel paramédical, un recul pour les médecins et les assistantes maternelles

Les données mises à disposition par la Drees permettent aussi de suivre les évolutions par métier et par département. Les personnels sociaux et éducatifs, fer de lance de la polyvalence, passent ainsi de 31.012 en 2017 à 31.578 en 2019 (+1,8%). Mais cette faible progression recouvre de fortes différences entre départements (les chiffres de ces derniers étant disponibles depuis 2014, sauf pour les Drom). A titre d'exemple, les effectifs de cette catégorie passent en cinq ans de 302 à 372 dans les Côtes d'Armor (+23,2%), quand ils reculent de 213 à 185 en Eure-et-Loir (-13%). 
De même, les effectifs des personnels administratifs et techniques restent remarquablement stables, passant (métropole seule, en ETP) de 33.123 en 2016 à 33.211 en 2019 (+0,26%). Il en est de même pour les effectifs de psychologues (respectivement 1.633 et 1.666). Seul le personnel paramédical des départements semble avoir bénéficié d'une – légère – progression de ses effectifs. Ceux-ci passent en effet (métropole seule, en ETP) de 7.395 en 2016 à 7.872 en 2019 (+6,5%).
Côté baisses, il se confirme que les assistantes maternelles sont les "perdantes" de la période, puisque leurs effectifs (métropole seule) reculent de 36.687 en 2016 à 34.829 en 2019 (-5%). Une baisse qui peut s'expliquer par les difficultés croissantes de recrutement de ces professionnelles de la protection de l'enfance.  Autre profession en légère baisse : les personnels médicaux (médecins de la PMI et de l'ASE). Leur effectif (métropole seule, en ETP) passe en effet de 3.288 en 2016 à 3.110 en 2019 (-5,5%).

Des écarts territoriaux importants, à interpréter avec prudence

Ces écarts territoriaux se retrouvent même si on prend en compte la totalité des effectifs sociaux et médicosociaux (y compris les assistantes maternelles), ce qui devrait normalement lisser les écarts catégoriels. Les effectifs des Hauts-de-Seine diminuent ainsi de 2.472 ETP en 2014 à 1.889 en 2019 (-24%), quand ceux du Var progressent sur la même période de 1.697 à 1.902 (+12%) et sont désormais plus importants que ceux des Hauts-de-Seine pourtant plus peuplés (1,6 million d'habitants contre 1,08 million).
Face aux jeux de données brutes, il convient toutefois de rester prudents sur l'interprétation des chiffres. Ces mouvements contradictoires peuvent s'expliquer, par exemple, par une externalisation de certaines activités ou, à l'inverse, par le rapatriement d'activités déléguées jusqu'alors à des structures externes comme des CCAS ou des associations. Les précédents en la matière existent : dans les années 1990, les CAF s'étaient massivement désengagées de la gestion des nombreuses circonscriptions d'action sanitaire et sociale qu'elles assuraient jusqu'alors pour le compte des départements, ce qui avait conduit à une forte hausse mécanique des effectifs départementaux. 

 

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