Les formations liées à une embauche sont devenues l’outil n°1 de France Travail

En 2026, France Travail prévoit de financer 160.000 formations individuelles liées à un projet de recrutement en entreprise. L’opérateur privilégie cette formule en passe de devenir majoritaire dans les dossiers pris en charge. 

"Former pour recruter." C’est dans ces termes que France Travail met aujourd’hui en avant ses formations préalables à une embauche, conditionnées à la signature préalable d’un contrat de travail. Ces "préparations opérationnelles à l’emploi" sont devenues l’outil n°1 de l’opérateur public en matière d’appui à la montée des compétences. En 2026, l’objectif est de financer 150.000 dossiers de ce type, soit plus de la moitié des 270.000 formations prévues la même année, a indiqué Hervé Jouanneau, le directeur Orientation et formation de France Travail, lors d’un brief presse organisé le 17 avril. Soit 20.000 de plus que les 130.000 formations liées à un projet d’embauche déjà financées l’an dernier. 

En mettant de côté le recours aux formations par les demandeurs d’emploi via leur CPF (470.000 en 2024 sans cofinancement), ce sont donc désormais les projets de recrutement des employeurs qui dictent la majeure partie des autres financements des formations de l’opérateur public, et non les souhaits de formation exprimés par les demandeurs d’emploi. Entre 2019 et 2024, le nombre d’aides individuelles à la formation (AIF), demandées par ces derniers, a reculé de plus de 60%. En 2019, c’était encore la première voie de formation professionnelle avec plus de 270.000 entrées, selon les données du jaune budgétaire annexé au PLF 2026. Aujourd’hui, près d’une demande sur deux d’aide individuelle à la formation est retoquée par France Travail. La direction souligne notamment verser une telle aide seulement dans les cas où aucune formation collective équivalente, y compris régionale, n’est disponible.

Donnant la priorité aux préparations opérationnelles à l’emploi, France Travail met en avant les résultats par construction plus positifs sur le retour à l’emploi post formation qui concerne entre 8 et 9 chômeurs sur dix. Pour les pouvoirs publics, la formule a aussi comme intérêt de répondre aux attendus des entreprises, dont leurs besoins de recrutement plus temporaires. En plus du CDI, le décret du 18 juin 2024 relatif à la préparation opérationnelle à l’emploi individuelle permet de mobiliser ce dispositif dans le cadre d’un contrat d’alternance, d’un CDD d’une durée minimale de six mois voire d’un emploi saisonnier ou d’un contrat de mission de quatre mois minimum. 

 

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