Régions de France limite la baisse des financements des demandeurs d’emploi
Ce ne seront plus 377 mais 527 millions d’euros qui seront alloués par l’Etat aux régions au titre de la formation des demandeurs d’emploi, selon un accord trouvé avec Régions de France.
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Régions de France limite la casse sur la formation des demandeurs d’emploi. Après avoir dénoncé, fin février, la décision du gouvernement d’accorder 377 millions d’euros en 2026 après l’adoption du projet de loi de finances en faveur des pactes régionaux d’investissement dans les compétences (lire notre article), l’association a trouvé un terrain d’entente avec Matignon. Les régions obtiendront finalement 150 millions d’euros de plus, soit 527 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. En contrepartie, elles consentent de manière unanime à une avance de trésorerie en faveur de l’État s’élevant à 60 millions d’euros (dont un quart sera assuré par France Travail au titre des régions non-signataires des pactes). Dans un courrier adressé le 13 mars au chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, d’abord dévoilé à AEF info, les régions acceptent dans ces conditions de "signer au plus vite les conventions financières des Pactes avec les services déconcentrés de l’État, en conservant la clé de répartition entre elles qui a prévalu en 2025".
Des crédits en baisse de 67%
C’est malgré tout 327 millions d’euros de moins que la somme contractualisée il y a trois ans avec l’État. Les régions n’obtiennent que 67% des 854 millions d’euros initialement prévus (lire notre article). En "réponse à cet engagement responsable", Régions de France réclame au gouvernement de s’engager "sur le versement intégral par l’État aux régions d’ici 2029 des fonds avancés par les régions dans le respect des conventions financières passées avec elles" et de "maintenir a minima", l’an prochain, les autorisations d’engagement à leur niveau de 2026, afin d’éviter d’autres suppressions de places de formation ainsi que la fermeture d’organismes déjà en difficulté. Régions de France alerte, enfin, sur "un décalage important entre l’estimation par l’État des arriérés dus aux régions au titre des exercices passés sur les Pric, et celles effectuées par les régions à partir des sommes réellement engagées".
Avec ces décisions, Régions de France rappelle que cette baisse des crédits "est d’autant plus incompréhensible qu’elle va alimenter la hausse du chômage, en contradiction flagrante avec la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, et avec des conséquences politiques incalculables lors des élections de 2027 et 2028".