Les partisans de la LGV Sud-Ouest étrillent le COI et en appellent à l'Etat

Les principaux artisans de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux, Toulouse et Dax ont balayé, ce 16 avril, des réserves émises par le Conseil d'orientation des infrastructures (COI) sur le projet, demandant à l'État de tenir ses engagements financiers.

Dans son rapport, révélé par le site d'information Contexte, le COI fait part d'avis "divergents", en son sein, quant à la réalisation de ces lignes nouvelles. Cet organe consultatif, composé d'experts et de parlementaires, "estime en tout état de cause" que le calendrier des mises en service, prévues pour 2032 et 2034, doit être revu à 2035 pour la liaison avec Toulouse, 2042 pour la ligne Bordeaux-Dax.

Quant au coût, évalué à 14 milliards d'euros en 2020, le COI juge qu'une "réévaluation de +20% environ paraît probable", et que "la participation de l'État sera difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s'était pourtant engagé".

Selon un accord signé en 2022, l'État doit financer 40% du budget, tout comme les collectivités locales concernées, l'Union européenne apportant les 20% restants. Mais le COI recommande d'étudier des solutions alternatives.

"Le rapport présente des chiffres fantaisistes sur les coûts et les délais, avant de recommander à l'État de faire défaut sur sa signature au plan de financement", ont cinglé ce 15 avril dans un communiqué la Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO) ainsi que les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

En janvier, les partisans de la LGV avaient écarté un partenariat public-privé. Cette piste est évoquée, parmi d'autres, par le COI qui exclut en revanche une participation de SNCF Réseau ou de mobiliser les recettes autoroutières, ce que déplorent les porteurs du projet.

"Dans la perspective du rendez-vous avec le Premier ministre, les collectivités du Sud-Ouest attendent des décisions claires et cohérentes de la part de l'État, à la hauteur des engagements pris et des enjeux", conclut leur communiqué.

Une réunion sur le ferroviaire est annoncée le 21 avril à Matignon entre Sébastien Lecornu, le ministre des Transports Philippe Tabarot et celui des Comptes publics, David Amiel, avec les présidents de régions du pays.

Ce 15 avril au Sénat, la sénatrice écologiste de Gironde Monique de Marco a appelé le gouvernement à "prendre acte" du rapport du COI et à "abandonner" la LGV du Sud-Ouest. Qualifiant celle-ci de "projet d'intérêt public majeur", Philippe Tabarot a souligné toutefois que la question de son financement méritait "une réponse sérieuse et structurée".

 

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