Les TPE-PME anticipent une timide éclaircie en 2026

Si l'année 2025 a encore été difficile pour les TPE et PME, la situation pourrait s'améliorer en 2026. Ce sont en tout cas les signaux que donnent la majorité de ces entreprises, d'après le baromètre semestriel de Bpifrance Le Lab, présenté le 13 janvier 2026. L'indicateur prévisionnel d'activité reste toutefois sous sa moyenne de long terme, ce qui laisse présager une croissance peu dynamique.

L'année 2025 n'a pas été bonne pour les TPE et PME, en contraste avec les données de l'Insee qui établissent une croissance économique à 0,9% au-dessus des prévisions. Mais certains indicateurs évoluent dans le bon sens pour 2026, ce qui laisse entrevoir une "timide embellie", d'après le baromètre semestriel des TPE-PME de Bpifrance Le Lab, présenté le 13 janvier 2026.

La situation conjoncturelle de ces entreprises s'est dégradée au second semestre 2025, après une pause au printemps : 36% des TPE-PME déclarent ainsi une baisse de leur activité en 2025, contre 25% seulement une hausse. "Les TPE-PME de tous les secteurs font part d'une conjoncture difficile fin 2025, en particulier la construction et le commerce", indique Bpifrance dans son baromètre. Et la conjoncture s'est dégradée sur une grande partie du territoire, particulièrement dans les Hauts-de-France et en Occitanie. Elle est peu porteuse dans le Grand Est. À noter toutefois, la situation s'améliore légèrement en Normandie, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans les Pays de la Loire. Ce sont les trois régions qui affichent une hausse de l'indicateur d'activité sur un an.

De meilleures perspectives pour 2026

Côté trésorerie, la situation s'est aussi de nouveau dégradée en 2025 : 30% des TPE-PME la jugent difficile, un chiffre en hausse de 3 points en six mois, mais toutefois proche de la moyenne de long terme. Même chose pour les embauches (l'indicateur a perdu 6 points en six mois, 3 points sur un an, il atteint son plus bas historique en 2013) et pour l'investissement, qui s'est replié en 2025 du fait d'une demande faible, d'un coût du crédit encore élevé et de la persistance des incertitudes politiques et budgétaires. Au total, 39% des entreprises interrogées ont investi en 2025, contre 43% en 2024 et 55% en moyenne depuis 2001.

Pour 2026, les perspectives sont toutefois meilleures. "On a plus d'entreprises qui s'attendent à une amélioration en 2026", constate Sabrina El Kasmi, responsable du service conjoncture, macroéconomie, risque pays chez Bpifrance. "Les dirigeants sont ainsi plus nombreux à prévoir une hausse de leur chiffre d'affaires en 2026 (25%) qu'une baisse (20%)", assure la banque publique d'investissement. Mais l'indicateur prévisionnel d'activité "reste néanmoins sous sa moyenne de long terme", précise Sabrina El Kasmi, ce qui laisse présager une croissance atone.

L'amélioration est valable dans presque tous les secteurs, sauf les entreprises des services aux particuliers et des travaux publics, qui redoutent une conjoncture plus difficile en 2026 qu'en 2025. Et ce sont les TPE-PME de l'industrie, du commerce, des transports qui ont le plus fort regain d'optimisme et, dans une moindre mesure, les secteurs du tourisme et de la construction. 

Une embellie dans la plupart des régions et surtout dans l'industrie

Cette embellie timide concerne toutes les tailles d'entreprises, même si elle est plus marquée chez les entreprises innovantes. Elle devrait se retrouver dans la plupart des régions, avec des améliorations attendues plus franchement dans les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, la Bourgogne-Franche-Comté et la Normandie. Dans ces régions, l'indicateur prévisionnel progresse de 16 à 18 points. En Normandie notamment, l'indicateur progresse très fortement et se rapproche de sa moyenne de long terme.

La progression est plus timide dans les autres régions. Une exception à ce tableau en amélioration : l'Occitanie, qui est la seule région à présenter un indicateur prévisionnel en baisse sur un an (-2 points) et à un niveau éloigné de sa moyenne de long terme.

Mais malgré l'amélioration des perspectives d'activité, les TPE et PME resteraient prudentes quant à leurs investissements. La part des dirigeants prévoyant d'investir recule à nouveau : 44% en 2026 contre 47% en 2025 et 52% en moyenne depuis 2000. Dans ce domaine, "la bonne nouvelle est plutôt du côté de l'industrie, souligne Sabrina El Kasmi. C'est le seul secteur où la part des dirigeants qui comptent investir se stabilise. Cette part est toujours supérieure aux autres secteurs mais elle se maintient à un niveau proche de la moyenne historique". Les dépenses d'investissement sont aussi prévues en plus forte accélération chez les PME d'au moins 10 salariés, chez les PME innovantes et les PME fortement internationalisées. "Le pari de l'export a été un pari gagnant pour les PME qui s'y sont engagées", insiste Baptiste Thornary, responsable études économiques et conjoncture chez Bpifrance. La question de l'export sera prochainement creusée par Bpifrance dans le cadre d'une étude qui sera présentée le 6 février.

 

Pour aller plus loin

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis