L’État réduit de manière drastique les crédits alloués aux pactes régionaux d’investissement dans les compétences
Les crédits de la loi de finances 2026 alloués aux pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) vont connaître une baisse drastique de l’ordre de 56% par rapport à leur niveau de 2025. C’est ce que le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a confirmé en fin de semaine dernière aux régions.
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Le gouvernement a tranché : les crédits alloués aux régions pour les pactes régionaux d’investissement et les compétences (Pric) vont diminuer en 2026 de 56%. Une décision "incompréhensible" pour les collectivités régionales qui dénoncent, par la voix de Régions de France, un État qui renie sa parole et qui fait courir le risque de voir disparaître "la formation des demandeurs d’emploi et tout le maillage territorial des organismes de formation".
Le régions ont été informées par le ministre lui-même de cet arbitrage gouvernemental qui se traduit par 377 millions d’euros en autorisations d’engagement disponibles pour les Pric en 2026 "au lieu des 854,9 millions d’euros contractualisés il y a trois ans", rappelle Régions de France. Pour les exécutifs régionaux, c’est tout simplement "du jamais vu depuis 2019", année de mise en place de ce mécanisme contractuel entre l’État et les régions, ces dernières accusant même le gouvernement de renier sa parole dans un contexte difficile pour les collectivités locales, a fortiori les régions qui s’estiment particulièrement lésées par la loi de finance 2026 et qui assurent ne pas être en mesure de compenser cette perte sur leurs budgets propres.
60.000 places de formation pourraient être supprimées en 2026
Alors que le chômage repart à la hausse, notamment chez les plus jeunes, alerte Régions de France, environ 60.000 places de formation pourraient ainsi être supprimées en 2026 ; des places ciblées vers des publics peu qualifiés, des chômeurs de longue durée, des allocataires du RSA ou encore des travailleurs handicapés. Les métiers les plus touchés devraient être le BTP, les métiers de l’industrie et de l’artisanat, le numérique ou encore le commerce, estime l’association regroupant les collectivités régionales qui craint en parallèle des faillites dans l’écosystème des organismes de formation qui subit, notamment, le contrecoup des mesures annoncées dans le champ de l’apprentissage. Régions de France rappelle également que le gouvernement n’a pas attendu pour trancher dans le vif avec une diminution de 50% de l’enveloppe versée aux régions pour le financement des CFA (centres de formation des apprentis).
Dans un communiqué publié le 27 février dernier, la présidente de la région Occitanie, présidente de Régions de France, Carole Delga, souligne qu’à l’occasion des débats budgétaires de ces derniers mois, les régions "n’ont cessé d’alerter le gouvernement sur les conséquences gravissimes" qu’aurait une telle baisse des crédits alloués aux Pric. Des régions, insiste-t-elle, qui ne pourront "en aucun cas (se) substituer à ce désengagement désastreux de l’État". Selon la direction de la statistique du ministère du Travail (Dares), l’État a investi entre 2018 et 2022 quelque 13,86 milliards d’euros dans le plan d’investissement dans les compétences (PIC), décliné à l’échelle régional à travers les Pric.