L’exécutif dans l’Allier pour impulser sa "méthode Notre-Dame" dans les territoires
Le président de la République présidera mercredi, à Montluçon (Allier), un conseil des ministres délocalisé avant de se rendre sur le site de la future mine de lithium d'Echassières. Une journée placée sous le signe de la simplification et de l'accélération des projets, tant industriels qu'agricoles. L'exécutif dévoilera à cette occasion une liste de 150 "grands projets stratégiques" qui feront l'objet d'une attention particulière.
© TomTooM03 CC BY-SA 4.0/ Carrière de Beauvoir à Échassières
Alors que de nombreux doutes s’expriment sur la politique de "réindustrialisation" du pays, l’exécutif veut repartir du terrain. Comme indiqué lors de la "Journée des maires" jeudi 16 avril (lire notre article), le gouvernement en format resserré et le président de la République se rendront dans l’Allier, ce mercredi 22 avril, pour un conseil des ministres délocalisé mais aussi pour impulser la "méthode Notre-Dame" ou "Jeux olympiques" dans les territoires. Comprendre : accélérer tous les projets stratégiques aujourd’hui bloqués ou retardés par les freins administratifs.
Ce déplacement exceptionnel débutera dans la sous-préfecture de Montluçon où se tiendront deux tables rondes : l’une sur les simplifications industrielles et environnementales avec les ministres Sébastien Martin (Industrie), Mathieu Lefevre (Transition écologique) et Françoise Gatel (Aménagement du territoire), l’autre sur la simplification agricole et la souveraineté alimentaire avec Annie Genevard (Agriculture). S’en suivra ce conseil des ministres restreint (les ministres non présents étant, pas souci de sobriété, amenés à se connecter à distance).
L’après-midi, le président de la République se rendra sur le site d’Imerys à Echassières, pour visiter la future mine de lithium, qualifiée par l’Elysée de "projet minier le plus avancé en France et en Europe sur un métal critique". L’exécutif y voit un "cas d’école très abouti" de "la capacité de l’Etat à articuler les outils administratifs et financiers" pour accompagner une "verticalisation de filière", de la production aux débouchés pratiques, en l’occurrence la fabrication de batteries électriques... "À partir de 2030, ce projet permettra l'équipement de 700.000 batteries de véhicules électriques par an et générera près de 3.200 emplois directs et indirects (près de 6.000 en incluant les emplois induits), en cohérence avec l'impératif de décarbonation de 150 projets dans toute la France", précise l'Elysée, dans un communiqué.
Cette initiative s’inscrit dans les orientations fixées par Emmanuel Macron, le 17 novembre 2025, lors de l’édition "France" du sommet Choose France. L’objectif : traiter les grands projets industriels et agricoles en "méthode Jeux olympiques ou Notre-Dame", en réduisant drastiquement les délais. Ces délais sont déjà passés de dix-sept ou dix-huit mois en 2022 à environ huit ou neuf mois aujourd'hui, grâce notamment aux lois Asap et industrie verte, assure l’Elysée, qui entend "aller encore plus loin". Au mois de janvier, le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin a écrit aux préfets de région et aux présidents de région pour faire remonter les blocages et identifier les besoins. Résultat : une liste de 150 "grands projets stratégiques" (GPS) issus de toute la France - dont celui d'Imerys - est prête. L’ensemble représente 71 milliards d’euros d’investissements cumulés, avec 32.000 emplois à la clé. 63 départements et toutes les régions sont couverts. Et, soulignent les services de l’Elysée, la moitié des projets ont été proposés par les préfets eux-mêmes et la moitié sont portés par des PME et des ETI. Ces projets à "fort impact en termes de souveraineté économique", concernent aussi bien l’agroalimentaire, les centres de données, les batteries, la santé, l’aéronautique, la défense que l’énergie… Le volet agricole occupera une place essentielle lors de cette journée avec, en ligne de mire, le projet de loi d’urgence agricole qui comporte de nombreuses mesures sur l’eau et l’élevage (lire notre article).
Le président de la République devrait ponctuer cette visite par de nouvelles annonces en matière de simplification, d’accès aux financements (avec notamment le crédit d’impôt pour l’industrie verte, l’extension de dispositifs existants, et des propositions liées à la mobilisation de l’épargne) et sur les aspects formation et attractivité.