LGV Toulouse-Bordeaux : la justice rejette de nouveaux recours des opposants

Par deux décisions rendues le 29 décembre 2025, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté les recours présentés par plusieurs associations et riverains du projet d’aménagements ferroviaires au nord de Toulouse (AFNT) à l’encontre de l’autorisation environnementale accordée par le préfet de la Haute-Garonne, le 9 février 2024 à SNCF Réseau.

Déclaré d’utilité publique le 4 janvier 2016, le projet s’inscrit dans le programme de réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux. Dans un communiqué, le tribunal administratif, qui a examiné le dossier lors d'une audience le 15 décembre, affirme que "par sa nature et compte tenu des intérêts économiques et sociaux en jeu", le projet "répond à une raison impérative d’intérêt public majeur" et "ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces protégées dans leur aire de répartition naturelle". "Les alternatives proposées par les requérants ne sont pas adaptées aux besoins à satisfaire et aux objectifs poursuivis. En outre, aucune de ces alternatives ne permettrait de porter une atteinte moindre à la conservation des espèces protégées", poursuit le tribunal. Quant à une éventuelle irrégularité de l'étude d'impact, invoquée par les opposants, "le tribunal relève que celle-ci, tant dans sa forme que dans son contenu, respecte les dispositions législatives et réglementaires applicables et n’est pas entachée d’inexactitudes, d’omissions ou d’insuffisances susceptibles de vicier la procédure".

"Les juges se sont contentés de répéter les éléments de langage de la SNCF, il n'y a pas eu d'analyse sérieuse" des arguments présentés par les opposants, a regretté Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, précisant que les associations opposées au projet sont "à peu près sûres" de faire appel de cette décision.

La LGV Toulouse-Bordeaux, dont la construction a débuté en 2024 par des travaux en périphérie des deux métropoles, doit notamment permettre de relier en 2032 Toulouse à Paris en 3 heures et 10 minutes, gagnant plus d'une heure sur le temps de voyage actuel. Un embranchement doit rallier Dax à Bordeaux en 20 minutes de moins qu'actuellement et, un jour, permettre des liaisons directes avec l'Espagne. Selon ses partisans, la ligne devrait aussi, en libérant des voies au fret ferroviaire, concurrencer les 10.000 camions de marchandises circulant quotidiennement entre l'Espagne et Bordeaux.

Concernant son financement, plusieurs collectivités du Sud-Ouest, inquiètes d'un éventuel abandon du projet sur fond de rigueur budgétaire, ont appelé fin juillet l'État à tenir "ses engagements financiers" (lire notre article).

 

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