Logement : la santé, cause et conséquence croissantes des expulsions locatives

À la veille de la trêve hivernale (qui débute le 1er novembre), la Fondation pour le Logement alerte, dans une note, sur le lien étroit entre la dégradation de l'état de santé et l'accélération des procédures d'expulsion. Selon l'organisation, les problèmes médicaux constituent en effet l'un des principaux facteurs d'endettement locatif chez les ménages accompagnés. Pour rappel, en 2025, près de 25.000 expulsions locatives ont été exécutées en France, touchant plus de 50.000 personnes. Ce volume représenterait une progression de 60% en dix ans, qui s'est accentuée à la suite de l'application de la loi Kasbarian de 2023 visant à accélérer les procédures.

Selon les données rassemblées par l'association, la part des impayés de loyer liée à des raisons de santé est passée d'une moyenne de 24% depuis 2009 à 34% en 2026. À Paris, une étude menée en 2025 dans le cadre de la Ccapex (commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives) indique que 62% des dossiers examinés concernaient des personnes présentant un problème de santé. Pour 29% de ces ménages, la maladie est à l'origine directe de la procédure d'expulsion, tandis que pour 19%, l'expulsion constitue le facteur déclencheur de la pathologie. Le même constat est fait par l'Espace Solidarité Habitat de l'organisme, qui rapporte que les problèmes de santé ont représenté en 2025 la deuxième cause de dette locative (22%), au même niveau que la perte d'emploi et derrière l'emploi précaire.

Face à ce bilan, le délégué général de la Fondation pour le Logement, Christophe Robert, dénonce un manque de réponses institutionnelles : "En France, en 2026, vous pouvez être expulsé parce que vous êtes tombé gravement malade. Une réalité insupportable qui concerne un nombre croissant de personnes, dont certaines qui devraient être relogées dans le cadre du Dalo. L’État est loin de respecter ses obligations en matière de droit au logement et à l’hébergement et refuse de prendre des mesures fortes pour prévenir les expulsions, pour endiguer la crise du logement et réduire la pauvreté."

Pour faire face à cette situation, la Fondation pour le Logement réclame la mise en œuvre d'un nouveau plan national de prévention des expulsions ainsi que la production massive de logements sociaux.

 

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