L’Union nationale des missions locales manifeste contre le projet de loi de finances
Touchée par des diminutions de crédits depuis 2024, les missions locales protestent contre le plan d’économies du gouvernement. Leur tête de réseau va manifester ce mardi 18 novembre aux abords de l’Assemblée nationale.
© Mission locale Réseaux pour l'emploi du pays de Lorient
Non aux coupes budgétaires dans l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. Mardi 18 novembre dans l’après-midi, à Paris, l’Union nationale des missions locales (UNML) va se rendre aux abords de l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de budget 2026.
Une manifestation portée par une tribune ayant récolté au moins 1.500 signatures d’élus locaux réclamant "des moyens pour les jeunes", ainsi qu’une pétition destinée au grand public signée par 30.000 personnes.
Un changement de ton peu courant pour la tête de réseau et organisation patronale. "C’est la gravité de la situation qui nous oblige à réagir de façon assez ferme", souligne auprès de Localtis Jean-Raymond Lépinay, vice-président de l’UNML.
190.000 CEJ en 2026
Le projet de loi de finances déposé par le gouvernement prévoit un recul des financements de 13% (en autorisations d’engagement) des missions locales, soit une suppression potentielle de plus de 1.000 équivalents temps plein.
La copie du gouvernement pour 2026 vise le financement de quelque 190.000 contrats d’engagements jeune l’an prochain au sein des missions locales, contre 200.000 anticipés cette année selon un rapport du Sénat. Fin juillet 2025, 167.600 CEJ avaient débuté depuis le début de l'année, hors renouvellement, selon la Dares.
Des missions locales "en difficulté"
En commission des finances à l’Assemblée nationale, dimanche 10 novembre, les députés ont adopté des amendements annulant les baisses de crédits prévues pour l’année 2026 (lire notre article) pour les missions locales.
Un rapport adopté le 14 novembre par la commission des finances du Sénat fait état des "difficultés de certaines structures et de certaines collectivités". Il critique aussi un "reflux trop important" des financements aux missions locales après d’importantes hausses de crédits.
Pour le gouvernement, de telles mesures visant à faire contribuer les trésoreries des missions locales se justifiaient en raison de "surfinancements" a indiqué le cabinet du ministre du travail aux sénateurs.
Déjà deux ans d’économies
Mais pour les missions locales, "ce n’est pas tenable", insiste Jean-Raymond Lépinay. La situation a commencé à se dégrader en 2024 avec de premières annulations de crédits après le vote de la loi de finances. La loi de finances 2025 n’a pas permis de revenir sur ces coups de rabot (lire notre article).
Si le PLF est adopté en l’état, les crédits vont reculer de 20%, selon l’UNML. Les coupes de 2024 ont abouti à un recul de 300 emplois en équivalent temps plein, selon l’organisation.