Mobilité partagée : les soubresauts de l'année 2020

Largement tributaires des restrictions sanitaires, les services de mobilité partagée ont connu une année 2020 très fluctuante, selon le premier baromètre annuel publié ce 21 janvier par la start-up spécialisée Fluctuo.

80 millions de trajets ont été effectués en 2020 par les services de mobilité partagée – vélos, trottinettes, scooters, voitures, en station ou en free floating -, qui ont généré 150 millions d'euros de revenus, hors subventions versées par les collectivités locales selon le premier baromètre sur ces modes de transports publié par la start-up spécialisée Fluctuo ce 21 janvier.
Le début d'année a été marqué par les grèves dans les transports publics. Jusqu'au 20 janvier, les services de mobilité partagée ont connu de ce fait un très bon rythme d'activité avant un retour à la normale en février. Puis le premier confinement, du 17 mars au 11 mai, a conduit à suspendre ou à réduire fortement ces services. En juin-juillet, Fluctuo a constaté une reprise assez rapide du trafic, s'expliquant par la levée des restrictions sanitaires, le beau temps, la mise en place de "corona pistes" et la réticence à utiliser les transports en commun. Cette croissance de l’usage a culminé en septembre, avec un pic à plus de 10 millions de trajets. À partir d'octobre, le nombre de trajets est reparti à la baisse du fait des conditions météo, mais surtout à cause du couvre-feu puis du deuxième confinement national à partir du 30 octobre. Mais le baromètre ne fait pas apparaître d'effondrement du trafic comme lors du premier confinement. La plupart des services sont restés ouverts, avec des usages divisés par deux en fin d'année.
"Pour les opérateurs, ces variations importantes de l'usage peuvent être compliquées à gérer (planning des équipes, approvisionnements en pièces détachées), souligne Fluctuo. Mais de façon générale, ils ont été capables de maintenir leurs flottes à un niveau adéquat et de réagir rapidement aux décisions gouvernementales".

Un nombre de véhicules en hausse de 5%

Au total, le nombre de véhicules partagés (vélos, trottinettes, scooters, voitures) a progressé de 5% entre le début et la fin de l'année, avec 76.600 véhicules disponibles en décembre. En janvier, après 5 semaines d'utilisation intense pendant la grève RATP-SNCF, les opérateurs ont dû remettre leurs flottes en état et il a fallu attendre février pour retrouver le nombre de véhicules d'avant la grève. De mai à octobre, les différents appels d'offres pour les services de trottinettes partagées (Paris, Lyon, Grenoble) ont aussi entraîné une redistribution des cartes entre les opérateurs. 
Proposés via des abonnements à prix cassés, les services de vélos en station, comme Vélib' à Paris, représentent 73% du total des trajets, mais seulement 26% des revenus, avec un faible coût moyen par trajet. "Cela s’explique par un modèle économique basé essentiellement sur des abonnements (peu onéreux car très souvent subventionnés) offrant des trajets quasi illimités, explique Fluctuo. À titre de comparaison, les revenus générés par les services de trottinettes partagées sont équivalents à ceux des vélos en station, avec un nombre de trajets pourtant 4 fois moindre". Les services de voitures partagées représentent, eux, 28% du total des revenus pour seulement 2% des trajets.

Paris, Lyon et Bordeaux aux trois premières places

Fluctuo a aussi établi un classement des villes françaises en matière de mobilité partagée (nombre de véhicules pour 10.000 habitants). Sans surprise, Paris et sa première couronne arrivent en tête de son "top 3" des villes françaises avec 43.700 véhicules dont 19.500 vélos en stations, 14.000 trottinettes en free floating, et 5.200 voitures, via 15 opérateurs de micromobilité. Lyon se situe à la deuxième place avec 8.500 véhicules dont 4.500 vélos en stations et 3.500 trottinettes en free floating, proposés par 6 opérateurs. Bordeaux, qui compte le plus grand nombre d'opérateurs (17) arrive en troisième position avec une offre de 3.200 véhicules (dont 1.400 vélos en station et 800 trottinettes en free floating). 
Pour Benoit Yameundjeu, le directeur général de Smoove, un des actionnaires de l'opérateur de Vélib', "2020 fut malgré tout une bonne année pour la mobilité active et 2021 signera la pérennité des changements radicaux que 2020 a initiés avec l’avènement de la multimodalité, de l’interopérabilité, de l’intégration du VLS [vélo en libre-service, ndlr] dans l’offre de transport public, du développement d’incitations multiples à la mobilité active, de la simplification et de la flexibilisation des offres".
 

 

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