Municipales 2026 : les acteurs du sport avancent leurs propositions
À l'approche des élections municipales de mars 2026, le Comité national olympique et sportif français et l'Union sport et cycle se sont adressés aux futurs élus. Pour tenir compte des fortes contraintes budgétaires actuelles, leurs propositions penchent vers une intervention accrue du secteur privé.
© Union des entreprises sport et cycle , Comité National Olympique et Sportif Français et Adobe stock
Alors que les élections municipales de mars 2026 approchent, deux membres fondateurs de l'Agence nationale du sport – le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et l'Union sport et cycle (USC) – ont fait part de leurs propositions. Deux points les réunissent : la prise en compte de la baisse des moyens financiers des collectivités et la volonté de se tourner vers des investissements privés.
Dans ses "Dix propositions pour un pacte sportif territorial", le CNOSF commence par réaffirmer son engagement aux côtés des maires "premiers financeurs du sport en France", et reconnaît que "dans un contexte économique et social tendu, les contraintes budgétaires menacent la vitalité" du modèle sportif français. Il propose alors de faire du sport "une grande cause municipale".
Les premières propositions du CNOSF – qui fédère les fédérations sportives et, à ce titre, représente l'ensemble des clubs – relèvent d'un plaidoyer pro domo. On y trouve la demande de "garantir l'accès de 100% des élèves à la pratique sportive en club, en rapprochant les écoles des clubs", notamment à travers les projets éducatifs territoriaux (PEdT), ou celle d'"entretenir la vitalité du bénévolat à l'échelle locale".
Le sport au carrefour des attentes sociales
D'autres propositions témoignent d'une vraie compréhension des politiques sportives locales. Alors qu'il estime que "le maire est, plus que jamais, le point de rencontre de toutes les attentes sociales", le CNOSF propose que les communes soutiennent les clubs engagés dans l'inclusion, que les contrats locaux de santé intègrent systématiquement une dimension sportive ou que la planification urbaine acquière un "réflexe sport".
Mais l'enjeu le plus évident à l'échelle locale reste celui des équipements. Ici, le CNOSF en appelle à "une ambition renouvelée" afin de "rénover les équipements des clubs municipaux trop vétustes ou énergivores grâce au partenariat Sport'Renov" en lien avec la Banque des Territoires (lire notre article du 4 février). Il souhaite par ailleurs "retrouver des marges de manœuvre pour la construction ciblée d'équipements sportifs structurants" grâce à l'appui de l'Agence nationale du sport, à une "meilleure planification territoriale" et à plus de "mutualisations fédérales".
Relancer le projet sportif local
Le CNOSF achève son plaidoyer par une proposition fédératrice : faire du projet sportif local (PSL) "la feuille de route des politiques sportives locales". Issu de la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, le PSL entend placer le sport au cœur des politiques publiques locales dans une logique collaborative. Mais comme l'a souligné la Cour des comptes dans son rapport sur les politiques publiques en faveur des jeunes de mars 2025, le PSL "est pour le moment peu répandu". L'idée d'adosser une politique municipale au PSL n'est toutefois pas nouvelle. En mai 2025, l'Andes (Association nationale des élus en charge du sport) a publié un guide pour aider les communes à le mettre en place en prévision... des élections municipales de 2026.
De son côté, l'Union sport et cycle entend aussi démontrer qu'elle connaît les contraintes actuelles des collectivités locales : ses douze propositions se veulent "simples, pragmatiques, peu coûteuses et facilement applicables". Mais si certaines de ses demandes portent sur des considérations qui peuvent être partagées par tous les acteurs du sport – former les personnels municipaux et les éducateurs des clubs à l'accueil des publics en situation de handicap, privilégier des gestionnaires intégrant des objectifs de performance environnementale dans l'attribution des délégations de service public, etc. –, d'autres sont ostensiblement tournées vers l'intervention du secteur privé lucratif.
Foncier contre créneaux horaires
C'est le cas quand l'USC se prononce pour la gestion privée des équipements publics au nom de la "connaissance technique" et de l'"intérêt économique évident d'optimisation des frais de fonctionnement". Mais surtout quand elle propose aux collectivités d'investir avec des entreprises privées, que ce soit pour aménager des cours actives et sportives dans les écoles ou pour faire évoluer les terrains de grands jeux vers des surfaces hybrides pour tenir compte des contraintes sanitaires, environnementales et d'usage plus intensif.
L'USC va plus loin en suggérant de recourir à la Semop (société d'économie mixte à opération unique) pour financer, construire et exploiter des équipements sportifs. Un modèle qui "ne peut fonctionner qu'avec un système d'exploitation numérique" où "les usagers doivent pouvoir réserver puis payer en ligne". Ou encore en demandant la mise à disposition par la collectivité de foncier pour la construction de nouveaux équipements en faveur d'entreprises privées, lesquelles, en contrepartie, mettraient certains créneaux horaires à disposition des scolaires.
Cette incitation forte à recourir à l'intervention du secteur privé n'est toutefois pas l'apanage de l'USC et des entreprises qu'elle représente. S'il préconise des solutions de financements publics pour les équipements sportifs, le CNOSF souligne aussi que "le secteur privé ne représente encore qu'environ 8% de l'offre d'équipements sportifs" et en appelle à plus "d'attractivité pour les partenaires privés" dans ce domaine.