Equipements sportifs : la Banque des Territoires joue collectif pour massifier les aides à la rénovation

Une rencontre organisée par le Hub des Territoires a réuni les acteurs engagés autour de la Banque des Territoires en faveur de la rénovation des équipements sportifs. L'occasion de revenir sur les possibilités offertes par le dispositif Édurénov et sur les premières réussites, mais aussi sur la volonté de massifier l'accompagnement des collectivités.

Et si, en ces temps de fortes contraintes sur les finances publiques, la solution résidait dans le travail d'équipe ? En ouvrant ses prêts EduRénov à la rénovation des équipements sportifs des collectivités locales, la Banque des Territoires a décidé de s'allier à d'autres acteurs impliqués dans cette démarche, à l'image, entre autres, du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), de l'Agence nationale du sport (ANS) ou de l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes).

Tous ces acteurs, et bien d'autres, se sont retrouvés le 29 janvier au Hub des Territoires à l'occasion d'une matinée baptisée "EduRénov : Cap sur la rénovation des équipements sportifs". Le but de cette rencontre ? Préciser l'ambition de ce rapprochement inédit en faveur de la rénovation des équipements sportifs mais aussi revenir sur des projets inspirants de rénovation et se projeter vers l'avenir.

"Pouvez-vous faire quelque chose pour notre gymnase ?"

Mais avant de se projeter, il convenait de savoir d'où l'on part. Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, a dressé un portrait réaliste : "Notre parc sportif est ancien, énergivore et parfois inadapté. 86% des équipements recensés ont plus de vingt ans et plus d'un tiers de ceux construits avant 1985 n'ont jamais fait l'objet d'une rénovation majeure. Derrière ces chiffres, il y a des réalités très concrètes que nos élus vivent au quotidien, qui pèsent sur les collectivités, avec des coûts d'exploitation de plus en plus lourds, des créneaux saturés qui limitent l'accès à la pratique." Résultat : malgré le travail des fédérations, des clubs et des gestionnaires d'équipements, la France peine à répondre aux attentes des différents publics, notamment en termes d'inclusion. 

Face à cette situation, le rapprochement entre ÉduRénov et les équipements sportifs s'est fait, sur le terrain, de manière assez spontanée. "Alors que, depuis deux ans, plus de 500 écoles ont déjà fait l'objet d'une rénovation énergétique via ce dispositif d'accompagnement et de financement de la Banque des Territoires et que plus de 5.600 projets sont actuellement lancés, a précisé Gisèle Rossat-Mignod, directrice du réseau à la Banque des Territoires, des collectivités nous demandent : 'Vous nous avez accompagné sur la rénovation de notre école, pouvez-vous faire quelque chose pour notre gymnase, notre piscine ?' Elles nous indiquent leurs besoins pour moderniser leurs équipements sportifs, réduire les coûts de fonctionnement, redonner vie à ces équipements et contribuer à la transition énergétique."

Rénovation énergétique, santé publique et cohésion sociale

Pour la Banque des Territoires, si l'ambition de la rénovation énergétique des équipements sportifs est primordiale, elle n'est pas seule. "Il y a une deuxième raison à notre mobilisation, a poursuivi Gisèle Rossat-Mignod, le sport est un pilier fondamental des politiques de santé publique. En investissant dans des équipements sportifs de qualité, on investit dans la prévention en matière de santé. Enfin, le sport est un facteur de cohésion sociale. Or, la cohésion sociale et territoriale fait partie, avec la transition écologique et énergétique, de l'ADN de la Banque des Territoires et de la Caisse des Dépôts." Et Gisèle Rossat-Mignod d'ajouter : "Nous avons déjà de belles réussites."

Sur l'estrade du Hub des Territoires, des responsables de collectivités sont venus témoigner. Abdelhak Hadj Brahim, directeur des services techniques, de l'urbanisme et du développement économique de Ris-Orangis (Essonne), a confié comment le raccordement du gymnase Albert-Camus au réseau de géothermie avait permis de passer d'une étiquette D à B sur le DPE (diagnostic de performance énergétique). Nicolas Foll, directeur du pôle sports et loisirs et de l'Aquatis de l'agglomération de Fougères (Ille-et-Vilaine), a raconté comment, grâce à une chaufferie biomasse, les factures d'électricité de sa piscine avaient baissé de -52%. "Dans un équipement qui a plus de quinze ans, qui était considéré comme moyen, voire pas très bon, on est devenu exemplaire", s'est-il réjoui. Pour la ville de Paris, François Tchékémian, directeur de la jeunesse et des sports, a expliqué que des travaux de rénovation énergétique dans un bâtiment sportif étaient aussi l'occasion "de revenir sur les questions d'accessibilité universelle et d'amélioration du patrimoine de manière générale". Une autre façon de donner à l'usager le sentiment que le bâtiment a évolué avec les travaux.

"Un partenariat pour avoir un réel levier"

Ces réussites en appellent d'autres, beaucoup d'autres. C'est le sens du message martelé par Gisèle Rossat-Mignod : "Ce que l'on veut faire, maintenant, c'est massifier, c'est aller plus fort et plus rapidement. Et nous allons accélérer grâce au partenariat avec l'Agence nationale du sport." Car c'est là que réside la force de ce que le CNOSF appelle "SportRénov" : les grandes institutions vont jouer en équipe. En plus des prêts à taux bonifié et de l'ingénierie proposés par la Banque des Territoires à travers ÉduRénov, c'est tout un écosystème qui se tient désormais aux côtés des collectivités locales.

L'Ademe, le Cerema et Acteé (Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique), parallèlement à leurs audits et à leurs financements en complément de ceux de la Banque des Territoires, ont lancé un groupe de travail sur les consommations énergétiques et d'eau des piscines publiques qui aboutira à la publication d'un guide. De son côté, l'ANS disposera en 2026, et exclusivement en faveur des territoires carencés tant urbains que ruraux, d'une enveloppe de 10 millions d'euros dédiée aux piscines et d'une autre, d'un montant de 8,8 millions, réservée à la rénovation des équipements structurants hors piscines. "L'objectif pour l'agence est d'aller encore plus loin afin de construire un véritable partenariat avec la Banque des Territoires pour avoir un réel levier dans les projets de rénovation et de transition énergétique des collectivités", a fait valoir Marie-Line Arnaud, directrice générale de l'ANS par intérim.

Pour cette nouvelle équipe au service de la rénovation des équipements sportifs, les prochains rendez-vous seront l'annonce des Prix de la rénovation 2026, qui valoriseront les projets particulièrement exemplaires, la publication d'une charte de la rénovation des équipements sportifs et, courant avril, le lancement d'un plan d'actions détaillé.

 

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