Municipales : 57,17% de participation au premier tour, taux historiquement faible

Hors cas particulier de 2020, c'est le taux le plus bas de la Ve République. Dans les communes de moins de 1.000 habitants, il descend à 64%. Une importante réserve de voix pour le deuxième tour... en rappelant qu'il n'y aura de deuxième tour que dans 7% des communes.

Le chiffre définitif n'était pas disponible lundi 16 mars au matin, au lendemain du premier tour des municipales, l'estimation était alors de 58% (voir notre article sur ce premier tour). Finalement, la participation a été de 57,17%, soit le deuxième plus faible taux sous la Ve République après le scrutin de 2020 qui s'était déroulé en pleine pandémie de Covid, selon les données complètes du ministère de l'Intérieur analysées par l’AFP. En mars 2020, seuls 44,66% des électeurs s'étaient déplacés aux urnes au premier tour et le second tour avait dû être reporté de trois mois. 

La participation 2026 se situe plus de 15 points sous la moyenne de participation à une élection municipale entre 1959 et 2014 (72,35%). Elle est en baisse sensible par rapport aux élections de 2014 (63,55%, -6 points). 

La chute est particulièrement spectaculaire dans les villes de moins de 1.000 habitants, où elle passe de 75 à 64% (-11). Ceci étant dit, on pourrait considérer que 64% de participation, ça n'est déjà pas si mal lorsqu'on sait qu'environ 76% de ces communes de moins de 1.000 habitants ne comptaient qu'une seule liste, dans la très écrasante majorité des cas classée "sans étiquette".

La baisse de la participation s'amenuise quand la taille des communes augmente. Dans les villes de plus de 100.000 habitants, l'électorat s'est même un peu plus mobilisé qu'en 2014 (+0,6 point). À l'échelle départementale, la plus faible participation a été enregistrée en Seine-Saint-Denis (46,73%), la plus forte dans le Cantal (71,02%).

Des statistiques plus complètes seront possibles dès que les résultats du ministère de l'Intérieur seront disponibles sur data.gouv (ce qui n'était pas encore le cas ce lundi après-midi).

Dimanche prochain, on ne votera que dans 7% des communes (toutes les autres ayant vu une liste l'emporter dès le premier tour). Dans ces communes, notamment dans les grandes villes, alors que les tractations allaient bon train pour boucler les listes de deuxième tour avant ce mardi 18 heures (candidatures qui seront publiées mercredi après-midi), la principale réserve de voix pour les listes qui se maintiendront sera donc à chercher du côté des abstentionnistes.

Le tout avec un cas très spécifique et nouveau, celui des trois villes sujettes à la réforme PLM, autrement dit où l'on votait dimanche d'une part pour son conseil d'arrondissement, d'autre part pour sa "mairie centrale". Dans les quelques arrondissements lyonnais (5e, 6e) et parisiens (7e, 13e, 16e) dans lesquels une liste a obtenu la majorité des voix dès le premier tour, les électeurs se déplaceront-ils malgré tout pour voter pour la seule mairie centrale dimanche prochain ?

› Désistement, fusion "technique", quinquangulaire... le vocabulaire du second tour

Le premier tour des municipales a livré son verdict actant, au vu de la poussée de LFI et de la bonne dynamique du RN, de la nécessité pour Les Républicains et le Parti socialiste de nouer des alliances en vue du deuxième tour du 22 mars. "Désistement", "fusion technique", "triangulaire"... Passage en revue du vocabulaire politique qui domine l'entre-deux-tours.

  • Désistement, maintien, fusion...

Une liste ayant obtenu plus de 10% des voix est qualifiée au second tour. Mais elle peut se désister, c'est-à-dire ne pas se présenter afin de favoriser la victoire d'une autre liste. Le Parti socialiste appelle ainsi La France insoumise à se désister à Marseille en sa faveur pour éviter une victoire du Rassemblent national.
Autre cas de figure, une liste ayant obtenu au moins 5% des exprimés au premier tour peut "fusionner" avec une liste ayant récolté au moins 10%. Des candidats de la première sont alors intégrés sur la seconde, généralement en fonction des scores respectifs du premier tour. Cette fusion doit intervenir d'ici mardi 18h00, heure limite de dépôt des listes pour le second tour.
Le plus souvent, cette fusion est "programmatique" : ces listes s'accordent sur un programme commun afin de diriger la ville ensemble en cas de victoire. Mais La France insoumise plaide pour une "fusion technique" avec les autres partis de gauche, par exemple à Lyon. Des Insoumis seraient alors intégrés sur la liste mais ne siégeraient pas dans la majorité et formeraient un groupe à part, voire même un groupe d'opposition.

  • Triangulaires, septangulaire

Selon les calculs de l'AFP, sur l'ensemble du territoire (hors Polynésie), 1.771 communes ont vu plus de deux candidats qualifiés pour le second tour. En théorie, il pourrait y avoir une septangulaire à Saint-Jean-de-Védas dans l'Hérault ; cinq sexangulaires, dont Poitiers, Castres, Mulhouse et Saint-Lô ; 49 quinquangulaires, dont Paris, Lille, Villeurbanne, Limoges... 352 quadrangulaires, dont Marseille, Strasbourg, Aix-en-Provence, Nîmes, Le Mans et 1.097 triangulaires. Mardi soir, après désistements ou fusions de listes, ce chiffre sera fortement réduit.

  • Prime majoritaire

La liste arrivée en tête au second tour obtient automatiquement "une prime majoritaire" de la moitié des sièges (15 dans une commune qui compte 29 conseillers municipaux par exemple). Les autres sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés, y compris la liste arrivée en tête. Mais à Paris, Lyon ou Marseille, cette prime majoritaire ne sera que de 25% des sièges au lieu de 50%, ce qui fait que la majorité au conseil municipal sera moins forte.
Le maire est ensuite élu lors de la première réunion du conseil municipal, qui se tient au plus tard le dimanche suivant l'élection.

AFP

 

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