Municipales : le Conseil d'Etat confirme le nuançage aux "extrêmes" de LFI et de l'UDR

Le Conseil d'Etat a confirmé la classification de LFI à "l'extrême gauche" et celle de l'UDR, parti d'Eric Ciotti, à "l'extrême droite" pour les élections municipales, après avoir été saisi par les deux formations, qui contestaient cette décision du ministère de l'Intérieur.

"Le Conseil d'Etat juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages 'extrême gauche', ni celui de l'UDR dans le bloc de clivages 'extrême droite' ne sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation", écrit la plus haute juridiction administrative dans un communiqué publié vendredi soir.

C'est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se définit comme de gauche radicale, est classé à l'extrême gauche depuis sa création en 2016. La France insoumise était jusqu'à présent classée à gauche, comme l'avait confirmé une décision du Conseil d'Etat en 2024. Mais le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez en a décidé autrement dans la circulaire aux préfets publiée au début du mois, au détour d'un tableau présentant un "regroupement" par "blocs de clivages" (utilisé pour la synthèse des résultats) - voir notre article du 9 février.

LFI se voit requalifiée en raison de sa "remise en cause très forte de l'autorité judiciaire" et ses "accusations systématiques" contre "la police", selon Laurent Nuñez, qui y voit une "évolution vers une forme de radicalité". "On ne truque pas les étiquettes politiques", a insisté le locataire de Beauvau.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a réagi en regrettant que "les juges n'aient pas eu le courage de dénoncer l'usage à des fins politiciennes des étiquettes politiques".

Dans sa circulaire, le ministère avait par ailleurs établi que les nuances seraient attribuées aux candidats et aux listes qui se présentent dans les communes d'au moins 3.500 habitants, ainsi que dans les communes chefs-lieux d'arrondissement (revenant ainsi à la pratique de 2008, après avoir amené le seuil à 1.000 habitants pour les municipales de 2014, puis l'avoir remonté à 9.000 habitants en 2020). Là aussi, le Conseil d'Etat valide.

Référence : décision du Conseil d'Etat n°512694 -512695 - 512981-512983
 

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