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Habitat - Nicolas Sarkozy veut s'attaquer au "gigantesque problème" du logement social outre-mer

Recevant le 27 novembre à l'Elysée les élus d'outre-mer - présents à Paris pour le Salon des maires -, le chef de l'Etat n'a pas mâché ses mots sur la question récurrente du logement social dans ces départements et territoires. Tout en soulignant que les élus locaux sont "la pierre angulaire de la vie sociale", Nicolas Sarkozy leur a confirmé son intention d'"inciter à la construction de logements sociaux parce que vous avez un gigantesque problème de logement social, en réorientant la défiscalisation du logement libre vers le logement social". Sans viser explicitement les élus d'outre-mer - dont beaucoup ont manifesté leur hostilité à la remise en cause de la défiscalisation du logement libre - le chef de l'Etat a affirmé "qu'il y avait vraiment aucune raison qu'on puisse faire de la défiscalisation pour le logement libre et pas pour le logement social, alors qu'il y a un problème gigantesque de logement social pour les personnes qui n'ont pas de logement et qui vivent dans des conditions dramatiques". Environ 80% de la population des DOM et de Mayotte est éligible au logement social et 10% - soit 200.000 personnes - est tout simplement en attente d'un logement.
Le même jour, le secrétaire d'Etat chargé de l'outre-Mer, Yves Jégo avait présenté sa "Stratégie de croissance pour l'outre-mer". Le troisième des cinq axes de ce plan consiste précisément à "Décréter une mobilisation générale pour le logement impliquant tous les acteurs". Quatre actions sont prévues. Elles consistent à libérer des terrains pour le logement social et intermédiaire, à améliorer les modes de financement des projets immobiliers à vocation sociale, à favoriser l'accession sociale à la propriété (notamment par le biais d'un programme expérimental) et à améliorer les conditions de vie des personnes dans l'habitat existant.
Dans un contexte général de baisse des crédits affectés au logement, l'outre-mer va bénéficier d'un effort important. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2009 prévoit, pour le logement outre-mer, 209 millions d'euros de crédits de paiement (+4,5%) et 258 millions pour les autorisations d'engagement (+9,3%). Mais le logement social devrait surtout bénéficier de la réorientation progressive de la défiscalisation vers le secteur social, prévue par le projet de loi pour le développement économique de l'outre-mer. Selon la "Stratégie de croissance pour l'outre-mer", défiscalisation et crédits budgétaires "doivent permettre d'atteindre les objectifs fixés par la loi sur le droit au logement opposable". Pour sa part, l'Anru (Agence nationale pour le renouvellement urbain) consacrera 313 millions d'euros à l'Outre-mer, dans le cadre du programme national de renouvellement urbain : 41 millions pour la Martinique, 161 millions pour la Guadeloupe, 76 millions pour la Guyane et 35 millions pour La Réunion.
Lors de la présentation du plan, le secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer a annoncé que "l'Etat mettra à disposition des collectivités, pour un euro symbolique, les terrains qui permettront de construire du logement social". A titre d'exemple, il a indiqué que le ministère de la Défense se prépare ainsi à mettre, "dans les semaines qui viennent", trois hectares à la disposition d'une commune de Polynésie.

 

Jean-Noël Escudié / PCA

 

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