Pacte d’ambition pour l’IAE : les entreprises d’insertion ont créé 30.000 emplois en trois ans

Plus de 320 entreprises d’insertion ont vu le jour depuis trois ans et quelque 30.000 emplois accompagnés ont été créées dans les entreprises d’insertion, les entreprises de travail temporaire d’insertion et les entreprises d’insertion par le travail indépendant. Pour prolonger cette dynamique en 2023 et atteindre les objectifs du pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique, la Fédération des entreprises d’insertion demande un budget augmenté afin de tenir compte de la hausse du Smic. 

Trois ans après le lancement du pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique (IAE), la dynamique est bien là, pour la Fédération des entreprises d’insertion. "On compte désormais 2.070 entreprises sociales inclusives sur l’ensemble des territoires", dont "plus de 320" ont été créées entre 2019 et 2022 (dont 160 entreprises d’insertion, 112 entreprises de travail temporaire d’insertion et 50 entreprises d’insertion par le travail indépendant), met-elle en avant dans un communiqué du 21 septembre 2022, à partir de différentes données, dont celles de la Plateforme de l’inclusion.

Une accélération de la création d’emplois après le Covid et la phase d’investissement

La Fédération des entreprises d’insertion représente la moitié de cet ensemble, soit quelque mille entreprises d’insertion (EI), entreprises de travail temporaire d’insertion (Etti) et entreprises d’insertion par le travail indépendant (EITI). Ces trois familles constituent "le volet entrepreneurial" de l’insertion par l’activité économique (IAE), à côté du "volet associatif" porté par les chantiers d’insertion – embauchant les personnes les plus éloignées de l’emploi et concentrant environ 70% du budget de l’IAE  – et les associations intermédiaires, resitue pour Localtis Luc de Gardelle, président de la Fédération des entreprises d’insertion. L’objectif fixé par le pacte en 2019 de créer 100.000 nouveaux emplois en insertion d’ici fin 2022 concerne l’ensemble de l’IAE, sans que la répartition n’ait été précisée par type de structures. 

Concernant les entreprises d’insertion, selon la Fédération, "en trois ans, le nombre de personnes accompagnées a fortement augmenté passant de 71.000 personnes à 101.000 personnes". Le bilan est "très prometteur", pour Luc de Gardelle qui souligne que ces tendances témoignent d’une véritable montée en puissance, après les ralentissements liés à l’épidémie de Covid et après également la phase d’investissement nécessaire pour les nouvelles entités créées. Ainsi, en mai 2022, une augmentation de 22% des embauches en entreprise d’insertion a été enregistrée par rapport à mai 2021, "soit quasiment autant que les deux années précédentes", se félicite le président de la Fédération.

Continuer à soutenir l’IAE, "premier dispositif de retour à l’emploi"

Avec de tels chiffres, "l’insertion par l’activité économique confirme sa place de premier dispositif de retour à l’emploi", peut-on lire dans le communiqué. La dynamique étant lancée, "il faut continuer à développer toute l’IAE, le plein emploi doit également être pour les plus fragiles", appelle Luc de Gardelle.  

Ainsi, à l’approche de la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2023, les entreprises d’insertion demandent à l’État de "confirmer [son] engagement" pour "atteindre les objectifs d’offre d’insertion fixés dans le pacte". "Les messages du ministre du Travail sont très encourageants", estime Luc de Gardelle, qui attend a minima une revalorisation du budget 2022 tenant compte de l’augmentation du Smic, soit une enveloppe de l’ordre de 1,5 à 1,6 milliard d’euros pour l’IAE en 2023. "Les entreprises ont co-investi à hauteur de 50% aux côtés de l’État dans le cadre du plan de relance, il ne faut pas que ça s’arrête", appuie-t-il. Le président de la Fédération insiste également sur la nécessité de davantage financer la formation des salariés en insertion, en passant d’un budget actuel de 80 millions d’euros dans le plan d’investissement dans les compétences (PIC) – soit environ 10 heures de formation par an et par personne – à "au moins 200 millions d’euros".

  • L’intérim d’insertion tire la croissance de l’IAE vers le haut

La hausse des emplois en insertion a été particulièrement importante en entreprise de travail temporaire d’insertion, Etti (+ 45% en trois ans). Créé en 2020, le réseau d’Etti "Ambition inclusion", qui regroupe 19 entreprises, a par exemple créé 1.000 emplois en un an – sur un total de 3.400 postes d’intérimaires en insertion.

La Fédération des entreprises d’insertion cite d’autres exemples de créations d’emplois en insertion dans les domaines du numérique, du nettoyage des bases de vie de chantiers ou encore de l’accompagnement des travailleurs indépendants et du recyclage d’huiles alimentaires. Ainsi l’IAE se développe "dans de nouveaux secteurs porteurs", tout comme "dans les secteurs historiques de l’insertion (travail temporaire, propreté, entretien des espaces verts, économie circulaire)", illustre-t-elle.

 

 

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