Tourisme / Emploi - Paris très réservée sur l'extension du travail le dimanche

Après Laurent Fabius, qui s'est prononcé en faveur de l'extension du travail dominical dès que le tourisme a été rattaché aux affaires étrangères (voir notre article ci-contre du 23 avril 2014), le gouvernement Valls II ne cache pas non plus son intention d'aller vite sur le sujet. La mesure devrait ainsi figurer dans le projet de loi sur la croissance, qui pourrait être pris par ordonnance et présenté en Conseil des ministres au début du mois d'octobre. Le ministre chargé de ce texte n'est autre qu'Emmanuel Macron, qui siégeait en 2007 au sein de la commission pour la "libération de la croissance française", présidée par Jacques Attali. Celle-ci s'était clairement prononcée pour une libéralisation du travail dominical (voir notre article ci-contre du 1er septembre 2014).

Quel impact économique ?

Cette réforme devrait se heurter à une résistance attendue de certains syndicats. Mais elle suscite aussi la réticence de plusieurs maires de la majorité, qui ne font pas forcément partie des "frondeurs". Interrogée sur Europe 1 le 3 septembre, Anne Hidalgo a ainsi déclarée qu'elle n'est "pas favorable aux ordonnances sur le travail du dimanche". Reçue la veille par le Premier ministre, la maire de Paris lui avait déjà fait part de ses fortes réserves.
Dans le cas de la capitale, l'enjeu n'est pas les magasins de bricolage ou les grandes zones commerciales, mais l'ouverture des commerces dans les zones à fort afflux touristique. La position de Paris peut sembler surprenante, alors que la capitale semble connaître, depuis le début de l'année, un - relatif - tassement de sa fréquentation. Mais elle a le mérite de la constance.
Dès avril dernier, au lendemain de son élection, Anne Hidalgo avait notamment mis en doute l'impact réel sur l'activité économique. Elle avait également affirmé que "si on ouvre les magasins le dimanche, cela veut dire un service de propreté, de nettoyage. Payé par qui ? Par les contribuables parisiens".

Une concertation en attendant l'ordonnance

Face à un gouvernement qui semble décidé à avancer rapidement sur le sujet, la maire de Paris préfère toutefois prendre les devants. Elle a ainsi indiqué avoir engagé une concertation avec les professionnels et les partenaires sociaux, en leur demandant de lui faire des propositions sur les secteurs géographiques de la capitale qui pourraient faire l'objet d'une extension des autorisations d'ouverture le dimanche accordées aux zones à forte fréquentation touristique. Les résultats de cette concertation sont toutefois attendus - en principe - pour le mois de novembre et risquent donc d'intervenir après la présentation de l'ordonnance. En attendant, la maire de Paris demande que le travail du dimanche ne soit possible qu'avec des compensations salariales - ce qui entre dans les intentions du gouvernement - et sur la base du volontariat.

Le retour de la taxe de séjour

Par ailleurs, Anne Hidalgo a profité de son entretien avec le Premier ministre pour aborder un autre sujet à connotation touristique : celui de la réforme de la taxe de séjour. Après s'être enflammé au Parlement et parmi les professionnels à la fin du printemps, le débat est retombé après que le gouvernement a annoncé que la question serait examinée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2015 (voir nos articles ci-contre des 16 et 31 juillet 2014).
A l'approche de cette échéance, la maire de Paris a rappelé à Manuel Valls qu'elle est favorable à une augmentation de la taxe de séjour sur l'hôtellerie "haut de gamme" - avec une définition qui reste à préciser -, tandis que la "petite hôtellerie" serait épargnée. Une position qui rejoint celle du président de la région Ile-de-France.
 

 

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