Petites Villes de demain : le cercle "Sécurité du quotidien" sur le terrain

Dans le cadre du "club des Petites Villes de demain", quinze binômes élu-commandant de compagnie de gendarmerie se sont retrouvés en Loir-et-Cher pour échanger et partager les bonnes pratiques en matière de sécurité. En tête d’affiche, la présentation du dispositif local de déport d’images de vidéoprotection mis en place entre communes et gendarmerie.

Loir-et-Cher, terre d’innovations ? Alors que dispositif de la DDFiP41 de visioconférence en mairie au profit des éloignés géographiques et numériques (voir notre article du 13 octobre 2020) vient d’être retenu parmi les lauréats de l’appel à défis "pour une action publique co-construite avec les usagers et les agents", c’est au tour du dispositif de vidéoprotection local d’attirer la lumière. "Le modèle est assez unique et original. Il commence à inspirer d’autres départements", vante d’emblée le préfet François Pesneau à une trentaine de gendarmes et élus venus des quatre coins de la France. La réunion se déroule dans le cadre du premier des "cercles thématiques" – en cours d’expérimentation – du club des Petites Villes de demain (PVD), consacré à la "sécurité du quotidien". Ces cercles visent à permettre aux élus du programme "de dialoguer entre pairs de façon prolongée, d’être accompagnés et sensibilisés, pour approfondir certaines thématiques essentielles", explique l’Agence nationale de la cohésion du territoire (ANCT), qui les anime. À l’invitation du maire de Veuzain-sur-Loire – l’une des premières communes à avoir signé un contrat de sécurité dans le cadre de PVD le 19 novembre dernier –, quinze binômes élu-commandant de compagnie de la gendarmerie nationale se sont ainsi retrouvés sur les bords de Loire pendant deux jours, notamment pour découvrir in situ cet outil singulier de vidéoprotection.

Un dispositif, et non un centre, de déport d’images

Concrètement, le dispositif organise le déport d’images des caméras de vidéoprotection d’une vingtaine de communes adhérentes au syndicat intercommunal (Sycom41) vers la gendarmerie nationale. "Il ne s’agit pas d’un centre de déport", insiste Samuel Joguet, commandant du groupement de gendarmerie de Loir-et-Cher. Qui précise : "Nous n’assurons pas une veille permanente, mais une captation momentanée des flux vidéo. Nous ne prenons la main qu’en cas de besoin. Les images sont majoritairement utilisées a posteriori pour faciliter le travail des enquêteurs. Mais elles peuvent également l’être pour traiter un événement en direct, pour orienter les patrouilles. Les communes restent propriétaires de leurs images. La gendarmerie ne stocke aucune donnée." Pour autant, contrairement au déport des images d’une commune vers une brigade de gendarmerie, plus aisé, ce dispositif nécessite de recourir à un syndicat.

Financements…

En l’espèce, il a été créé en 2011, ce qui fait sans doute de lui un pionnier en la matière. Il a toutefois frôlé la dissolution en 2017, pour des raisons financières, avant de reprendre de la vigueur. "Le projet s’était un peu endormi. PVD l’a réveillé", se félicite le commandant Joguet. Le dispositif bénéficie d’un appui renforcé de l’État. "Nous en avons fait un pan fort de notre agenda rural", assure le préfet Pesneau, convaincu des bénéfices de cette "véritable synergie par rapport aux initiatives individuelles". Pour le représentant de l’État, "l’objectif est de faire en sorte que le coût financier ne soit pas un sujet pour les communes". Il souligne ainsi que "l’État a d’abord apporté 400.000 euros en 2014, lors de la création de la salle de déport, via le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), puis à nouveau 100.000 euros en 2018 pour favoriser l’extension et la modernisation du réseau. Nous subventionnons l’acquisition des caméras à hauteur de 80% dans le cadre de la DETR. C’est un choix fort de la préfecture", affirme-t-il. Et d’autant plus important que, contrairement à l’Île-de-France ou Aura, la région Centre-Val de Loire n’apporte pas de soutien en la matière (voir notre article du 24 mars 2021). Le préfet espère convaincre davantage de communes de rejoindre le Sycom, afin de faire baisser les coûts de l’adhésion – cette dernière étant une condition à l’attribution de subventions par la préfecture. Par commune, le coût est estimé à 1.650 euros par an. "L’enjeu est d’aller chercher les communes qui s’auto-censurent", estime pour sa part Pierre Olaya, maire de la commune de Veuzain-sur-Loire.

… et ingénierie

Pour ces dernières, l’intérêt n’est pas seulement financier. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture, souligne "l’enjeu de simplification. Avec ce dispositif, nous visons à établir un guichet unique afin de faciliter l’accès des communes à la vidéoprotection, en leur apportant l’ingénierie nécessaire". Celui qui est également sous-préfet de l’arrondissement de Blois recense les nombreux écueils : "Outre le RGPD, il faut parfois aussi compter avec l’architecte des bâtiments de France pour l’installation des caméras, etc.". "Le cadre juridique est très contraignant. La vidéoprotection est un sujet compliqué", confirme le commandant Joguet. Dans le cadre du dispositif, les communes bénéficient ainsi de l’expertise des référents-sûreté, notamment pour l’emplacement des caméras. "Il ne s’agit pas d’installer des caméras partout, mais de tenir des points clés", précise le commandant Joguet. L’objectif principal de la gendarmerie est de gérer les flux –"ce qui n’intéresse pas toujours les communes, dont le premier besoin concerne surtout une protection bâtimentaire", concède le référent-sûreté Benoît Pyrault. "Mais nous ne proposons jamais aux communes de n’installer que des caméras de flux. Le dispositif comprend également des caméras de contexte (bâtiments, places). Et avec un peu de pédagogie, les maires comprennent rapidement tout l’intérêt de surveiller certains points de passage, qui peuvent de prime abord leur paraître secondaires". Ce diagnostic est d’importance, tant en termes d’efficacité… que financiers. "Les prestataires poussent à l’achat", note Benoît Pyrault. Les gendarmes fournissent en outre des indications précieuses en matière de coût d’acquisition. "On voit de tout", assure le préfet, qui souligne qu’in fine, ce sont bien "les communes qui fixent les objectifs politiques et cernent les besoins".

 

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