Assises de la FFSU : le contrat de sécurité intégrée monopolise l'attention

Le Forum français pour la sécurité urbaine recevait ce lundi le secrétaire général du CIPDR à l'occasion de ses assises de la sécurité des territoires. Une conférence où l'on aura surtout évoqué, une nouvelle fois, le contrat de sécurité intégrée.

Dans le cadre de ses "Assises de la sécurité des territoires", qui se déroulent toute la semaine en ligne, le Forum français pour la sécurité urbaine a reçu ce lundi le nouveau secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), Christian Gravel.

Après avoir fait état de l'actualité du CIPDR – "doublement des effectifs en six mois à peine", intégration de la Miviludes, déploiement d'une unité de contre-discours républicain pour lutter "contre la doxa islamiste, les discours de la mouvance décoloniale, de l'extrême-droite…" –, Christian Gravel a présenté les grandes lignes de la stratégie nationale de prévention de la délinquance. Ce faisant, il a d'une part insisté sur le fait qu'elle était le fruit d'une "co-construction" avec les différentes composantes de la sécurité – thème qu'il sait sans doute cher au FFSU. Il a d'autre part souligné la nécessaire union des compétences, "alors que l'État ne peut plus agir seul" en la matière, notamment face à "l'émergence de nouveaux phénomènes qui touchent les très jeunes". Si, actualité aidant, on pense aux rixes entre bandes – qui vont prochainement faire l'objet d'un plan dédié – et au harcèlement en ligne, le SG-CIPDR y ajoute également, entre autres maux, "la prostitution et le proxénétisme entre très jeunes".

Que l'État ne constitue pas l'alpha et l'oméga de la prévention de la délinquance et de la sécurité, le FFSU en est convaincu. Ce que ses membres redoutent toutefois, ce n'est pas tant un État qui prenne toute la place qu'un État qui ne la déserte totalement. La conférence a ainsi été une nouvelle fois l'occasion pour le FFSU de dénoncer "le contrat de sécurité intégrée" et sa logique de "donnant-donnant", qui ne passe décidément pas. Un contrat venu de nulle part, "que l'on a annoncé le matin pour l'après-midi", dénonce Roger Vicot. Le président du FFSU n'y voit rien de moins qu'"un détricotage, en douce, par petites touches, de l'État régalien", qui dessineraient "avec le recul, un paysage très différent du pacte républicain". Christian Gravel s'était pourtant employé au préalable à tenter de parer une à une les flèches – empilement de dispositifs, politique inéquitable, focalisation sur la vidéo-protection, failles de la gouvernance, État qui se défausse… – adressées à ce contrat, sans emporter la conviction. Les membres du FFSU craignent toujours un transfert de charges et invoquent un jeu à somme nulle, les efforts des uns ne compensant au mieux que les délaissements de l'autre. Et certains d'inviter au cours des débats l'État à s'occuper "des conditions de travail extrêmement déplorables de ses policiers" ou à donner les moyens à une "justice débordée" de pouvoir travailler avec les collectivités, plutôt que de se préoccuper des engagements de ces dernières. Charité bien ordonnée commence par soi-même, en somme.

 

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