Plan grand froid : l'Unccas appelle l'État à "cesser de se reposer sur les maires" et à ajuster le parc d'hébergement d'urgence
Alors que le dispositif d'hébergement est "saturé et structurellement insuffisant", la vague de froid actuelle provoque une "crise sociale majeure" dans laquelle "les maires et leurs CCAS se retrouvent en première ligne", alerte l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas), appelant le gouvernement et les préfectures à prendre leurs responsabilités. Le plan grand froid - permettant notamment de réquisitionner des lieux pour mettre à l'abri des personnes sans domicile - a été activé dans au moins 36 départements.
© @PrefAquitaine33
Alors que l'épisode hivernal de froid, neige et verglas "atteint son pic en ce début de semaine" selon Météo France, avec une grande partie du pays placée ce jour en vigilance "jaune" et des températures qui ont dépassé les –13°C en Île-de-France, l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas) a appelé "solennellement le gouvernement et les préfets à agir" pour "protéger les plus vulnérables" et à "cesser de se reposer sur les maires et les CCAS". "Au moins 350.000 personnes sont aujourd’hui sans domicile personnel" et "61% des appels au 115 restent chaque jour sans solution, signe d’un dispositif d’hébergement saturé et structurellement insuffisant", indique en effet l'association.
"Face à cette crise sociale majeure, les maires et leurs CCAS se retrouvent en première ligne, contraints d’agir dans l’urgence pour éviter des situations humaines dramatiques", affirme l'Unccas, citant les ouvertures de places d'hébergement par des communes et les "condamnations [de l'État] pour carences" obtenues par la ville de Grenoble et la communauté de communes de Bayonne. "Le parc existant, maintenu à 203.000 places depuis 2024, est manifestement insuffisant au regard de l’ampleur des besoins et des risques mortels que fait peser le froid hivernal", selon l'Unccas qui demande "le financement d’au moins 10.000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence".
Et, plus globalement, "les politiques nationales de lutte contre le sans-abrisme doivent tenir compte de la baisse annuelle constante des températures hivernales due aux changements climatiques", alerte encore l'association d'élus.
Le plan grand froid activé dans 36 départements
L'Unccas dénombre 36 départements dans lesquels les préfectures ont activé le plan grand froid, dispositif qui permet de réquisitionner des lieux pour ouvrir des places d'hébergement d'urgence, de renforcer les maraudes et d'étendre les horaires d'ouverture des accueils de jour.
À Paris et dans d'autres départements franciliens, le plan grand froid a été activé le 28 décembre 2025, deux jours après une interpellation de la ville de Paris qui considérait qu'il était urgent d'agir et qui détaillait les mesures déjà mises en place par ses services (notamment la réquisition de six gymnases accueillant chaque soir 800 personnes dont "des enfants en très bas âge"). "Au total la ville met à l'abri plus de 1.400 personnes dont la prise en charge relève de l'État. C'est inédit", souligne la municipalité.
La préfecture de Paris annonçait de son côté le 28 décembre avoir déjà ouvert 500 places supplémentaires dont 300 pour toute la période hivernale, "en plus des 46.200 places d'hébergement mises à disposition toute l'année", et se préparait à accueillir 60 femmes isolées dans ses propres locaux et à mobiliser des places d'hôtel pour les familles "afin de répondre à toutes les demandes".
Outre les efforts des préfectures et des communes, la région Île-de-France a fait savoir qu'elle dédiait cette année 1,25 million d'euros à son "plan grand froid", pour soutenir 18 projets portés par des associations (mise à l'abri, renforcement des maraudes, renouvellement des chambres froides de l'aide alimentaire, etc.)