Plan hiver : 14.000 places d'hébergement supplémentaires, dont une partie pérennisée

Alors que débute la période hivernale qui, en matière de logement et d'hébergement, va durer du 1er novembre au 31 mars, Julien Denormandie annonce l'activation du Plan hiver sur l'ensemble du territoire. Comme déjà indiqué (voir notre article ci-dessous du 4 octobre 2019), sa mise en œuvre va se traduire par la mise à disposition, demandée par le gouvernement aux préfets, de 14.000 places supplémentaires (dont 7.000 en Ile-de-France), qui "ouvriront de manière progressive en tant que besoin". Soucieux de l'exemplarité de l'État, le ministre de la Ville et du Logement a demandé à ses collègues du gouvernement et aux institutions d'"identifier des sites disponibles pour la période hivernale et au-delà". Pour la première fois, cet appel à la solidarité nationale s'étend aussi aux acteurs privés de l'immobilier.

En matière budgétaire, Julien Denormandie rappelle que le projet de loi de finances pour 2020, en cours d'examen à l'Assemblée, prévoit une enveloppe supplémentaire de 100 millions d'euros "pour l'hébergement d'urgence et le Logement d'abord, afin de renforcer notamment les maraudes (reconduite des actions de renforcement de 5 millions d'euros) et les accueils de jour (4 millions d'euros supplémentaires)". L'objectif est d'accroître les amplitudes horaires de ces derniers et d'améliorer l'offre de services (bagageries solidaires, participation des personnes accueillies...).

Soulignant que l'an dernier "70.000 personnes sont sorties d'un hébergement ou de la rue grâce à l'action conjointe de l'État, des associations et des collectivités", le ministre insiste aussi sur le renforcement du plan Logement d'abord, qui a "pour ambition de diminuer de manière significative le nombre de personnes sans domicile grâce à la création de places de logement adapté et de logements très sociaux". Une enveloppe supplémentaire de 45 millions d'euros sera allouée à ce plan en 2020 (voir nos articles ci-dessous du 13 septembre et du 4 octobre 2019).

Interrogé par l'AFP, Christophe Robert – délégué général de la Fondation Abbé-Pierre et porte-parole du Collectif des associations unies (CAU), qui regroupe 36 associations du secteur – estime que "par rapport à l'étendue des besoins, il y a de fortes chances que beaucoup de personnes restent à la rue cet hiver" et craint une situation "dramatique". Tout en reconnaissant l'augmentation du budget de l'hébergement, le Collectif "constate régulièrement une régression des conditions d'accueil proposées aux personnes les plus fragiles dans le cadre du Plan hiver". Christophe Robert s'inquiète également du risque engendré par la priorité donnée aux familles, aux femmes et aux enfants : "Personne ne peut être contre cette idée, mais en creux, on dit déjà qu'on va trier les sans-abri."

 

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