Plus de 20.000 friches recensées en 2026, selon l'inventaire national publié par le Cerema

Plus de 20.000 friches représentant quelque 61.000 hectares sont désormais recensées en France, selon l'inventaire partiel publié ce 3 septembre par le Centre d'études et d'expertise sur les risques (Cerema). 71% des friches sont situées en zone urbanisable et 41% se trouvent en zones tendues pour l'habitat.

Accessible via le service en ligne du Cerema "Cartofriches", l'inventaire national des friches 2026 dénombre 20.250 friches au 1er juillet 2026, contre environ 15.000 en avril 2025. Cette progression s'explique principalement par l'amélioration de la connaissance du patrimoine foncier grâce au développement des observatoires locaux, qui couvrent désormais 61% de la superficie du territoire, et sont à l'origine de près des trois quarts des friches recensées.

Au total, le Cerema évalue entre 115.000 et 155.000 hectares la surface occupée par ces terrains. Depuis 2011, la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers en vue de projets d'urbanisation représente en moyenne 21.000 hectares par an en France.

"Potentiel stratégique" 

"Dans le cadre de projets d’aménagement nécessitant la mobilisation de foncier, les friches s’imposent comme une solution pour préserver les sols et en particulier les espaces naturels, agricoles et forestiers, souligne le Cerema. Elles constituent un potentiel stratégique, utile pour développer logements, équipements, infrastructures ou activités, ou encore pour recréer des espaces de nature, sans sacrifier de nouvelles terres agricoles ou non urbanisées." "Leur transformation permet également de répondre aux besoins du territoire tout en effaçant des stigmates urbains qui peuvent nuire à l’attractivité locale et à la qualité du cadre de vie des habitants et des entreprises, poursuit-il. Elles constituent aussi des opportunités précieuses de revitalisation et de redynamisation pour des territoires, notamment en centre-urbain."

Pour rappel, la loi Climat et Résilience de 2021 définit comme friche "tout bien ou droit immobilier, bâti ou non bâti, inutilisé, dont l'état, la configuration ou l'occupation totale ou partielle ne permet pas un réemploi sans un aménagement ou des travaux préalables".

Les friches issues de l'habitat sont les plus nombreuses

Aujourd'hui, les friches issues de l'habitat représentent la catégorie la plus nombreuse (41%) devant les friches industrielles (19%), mais ces dernières représentent à elles seules 47% des surfaces identifiées. Les autres friches sont très diverses : commerciales (10%), équipements publics (5%), agro-industrielles (3%), ferroviaires (3%), mixtes, etc.

À noter que les deux tiers des friches recensées font moins de 0,5 hectare, soit la taille d'un terrain de football, tandis que 71% se situent en zone urbanisable. "Ce constat signifie que l’utilisation de ces friches pour des projets de développement ne nécessite pas de changement de zonage au sein du plan local d’urbanisme", relève le Cerema. Près de la moitié des friches (48%) sont par ailleurs situées dans des zones considérées comme tendues pour l'habitat, c'est-à-dire où la demande de logements dépasse l'offre (zones A-B4), contre seulement 33% en 2025.

Plus de 13.000 friches sans projet

Un quart des friches recensées par les observatoires locaux, soit environ 3.600 sites représentant 9.300 hectares, font déjà l'objet d'un projet de reconversion. Parmi les 13.200 friches aujourd'hui "sans projet", le Cerema estime que 58% ont un potentiel de reconversion pour le logement, et 35% pour l'industrie.7% pourraient être utilisées pour du tertiaire, des équipements publics ou des installations photovoltaïques.

Cartofriches recense également 1.700 anciennes friches récemment reconverties, représentant une surface totale de 2.700 hectares. Parmi elles, 760 ont fait l’objet d’une reconversion en habitat, 200 en activités économiques, 80 dans le domaine commercial, 50 en renaturation et 110 en projets mixtes. "Les activités passées influent sur le type de projet de reconversion (plus de 80% des projets reproduisent le type d’activité initialement présent sur le site)", constate le Cerema. L'organisme observe néanmoins beaucoup de projets mixtes ou de production d’habitat sur des friches commerciales ou industrielles.

 

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