Plus d’un étudiant sur deux travaille en parallèle de sa formation

1,1 million d’étudiants, soit 52% d’entre eux, ont occupé au moins un emploi sans rapport avec leurs études, selon la Dares. Une statistique qui bat en brèche le cliché d’une jeunesse déconnectée du travail. 

Des données inédites publiées par la Dares jeudi 28 mai révèlent le poids massif du travail étudiant : au cours de l’année universitaire 2022-2023, 52% d’entre eux, soit 1,1 million d’étudiants, ont occupé au moins un emploi sans rapport avec leurs études. Des données supérieures aux estimations de la dernière étude disponible de l’Observatoire national de la vie étudiante, qui estimait, en 2020, cette part à 40% à partir de son échantillon de plus de 270.000 étudiants. 

Selon la Dares, ces étudiants exercent leur activité salariée principalement dans le cadre de CDD et 28% signent au moins un CDI durant l’année scolaire. 31% travaillent au moins 6 mois dans l’année et 54% ont au moins deux contrats. 29% occupent seulement un "job d’été".

Des jeunes très tournés vers l’emploi

Ces statistiques confirment l’ampleur du phénomène, d’autant plus que cette donnée n’intègre ni les emplois indépendants, ni les postes de particuliers employeurs, ni le travail informel, ainsi que les stages et alternances occupés par les étudiants. Elles battent en brèche le cliché d’une jeunesse déconnectée du marché du travail.

"Les étudiants travaillent pour des raisons financières mais aussi dans l’objectif d’acquérir de l’expérience professionnelle. Ils sont acclimatés au monde du travail dès le collège via les stages obligatoires. Ils ont bien intégré que le travail est devenu un critère de sélection dans l’enseignement supérieur", souligne François Sarfati, professeur à l'université d'Evry et chercheur affilié au Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET). 

Les données de la Dares montrent ainsi qu’à 19 ans, 60% des étudiants ont au moins un job étudiant, contre 43% des plus de 24 ans. Dans une étude de mars 2026, le Céreq documentait aussi le travail lycéen, un fait social méconnu mais "massif et inscrit dans la longue durée" qui concernant, en France, près d’un lycéen sur quatre.

Des difficultés d’insertion pour les non-diplômés

La Dares révèle que le commerce est le premier recruteur de ces étudiants, pesant pour 30% des contrats à quasi-égalité avec les services non-marchands (agents administratifs de la fonction publique, surveillance dans les établissements scolaires…). En numéro 3 on retrouve l’hébergement-restauration pesant pour 26% des contrats, suivi des services aux entreprises. 

L’occupation de ces emplois par des étudiants peut compliquer l’insertion d’autres profils. "Dans l’hôtellerie-restauration, par exemple, les étudiants prennent la place de diplômés du secteur", souligne François Sarfati. 

33% des jeunes non-diplômés sortis du système scolaire en 2017 sont victimes d’un chômage "persistant ou récurrent", selon le Céreq. "Avec la massification de l’enseignement supérieur, les jeunes n’ayant pas le bac sont stigmatisés. Et les employeurs ne leur proposent pas d’emplois pérennes", souligne François Sarfati. 

Le spécialiste souligne enfin que parmi ces publics en difficulté, l’envie de travailler se heurte aussi à des freins périphériques, comme une situation d’aidance familiale ou des problèmes de santé. 

 

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