Politique des transports : TDIE interpelle les candidats à la présidentielle

Le think tank TDIE, rassemblant élus et professionnels des transports, interroge, pour la quatrième fois depuis 2002, les candidats à l'élection présidentielle sur les enjeux trop souvent ignorés des transports. Il formule aussi des propositions, partagées lors d'un point presse le 22 février, sur l'avenir du ferroviaire, le transport routier, la décarbonation des transports et le financement des infrastructures.

Autocars Macron, pics de pollution automobile, affaire du Dieselgate, accroissement d'une fracture mobilité entre les territoires (voir notre article dans l'édition du 20 janvier 2017), montée en puissance du numérique et des nouveaux usages (covoiturage, plateforme Uber, véhicules autonomes)… Le dernier quinquennat a été riche en rebondissements et nouveautés liés à la mobilité et aux systèmes de transports. Un secteur et "un élément structurant des dynamiques sociales, économiques et territoriales de notre pays", a souligné l'association spécialisée sur les transports TDIE (Transport, développement, intermodalité, environnement), lors d'un point presse le 22 février.
Mais s'il fut une préoccupation centrale des candidats aux dernières élections régionales (voir notre article dans l'édition du 27 novembre 2015), rien ne laisse croire que ce secteur interpelle les candidats à la présidentielle. "La politique des transports est rarement au cœur du débat politique présidentiel", reconnaît Louis Nègre, sénateur des Alpes-Maritimes et co-président de TDIE. Pourtant, les déplacements sont un élément clé dans le quotidien des Français. "Et les transports - de récentes études le prouvent - un vecteur d'attractivité à l'international de notre pays", ajoute l'élu.

A quand un ministère dédié ?

TDIE lance trois outils pour "contribuer à l’identification des enjeux d’une politique nationale des transports et que celle-ci ait la place qu’elle mérite dans le projet de mandat, en suscitant l’expression des propositions et des orientations portées par les candidats". D'une part, une analyse, des questionnements et propositions concoctés par son conseil scientifique, rassemblés dans un document d'une trentaine de pages. D'autre part, un questionnaire adressé aux candidats, dont les réponses sont attendues le 20 mars et seront publiées une dizaine de jours après. Entre temps, le 22 mars précisément, les candidats et leurs équipes sont conviés à un débat organisé à Paris par TDIE, afin de les interpeller et de mieux cerner leurs réponses et propositions. "La politique des transports fait face à des défis qui posent des questions politiques de premier plan", insiste en effet Philippe Duron, député du Calvados et co-président de TDIE.
Exemple de question posée : pourquoi ne pas créer, en lieu et place d'un secrétariat d’État adossé au ministère de l'Environnement, un ministère de plein exercice spécifiquement pour les transports, la mobilité et la logistique ? Pour TDIE, cela donnerait plus de poids à la politique dans le domaine. "Car il manque une vision d'ensemble, un projet d'avenir", estime Louis Nègre. Autrement dit, une méthode politique qui devrait s'appuyer sur une consultation des milieux concernés – y compris des élus - sur un débat parlementaire portant sur un schéma de planification à la hauteur des enjeux. "Puis aboutir au vote d'une loi de planification pluriannuelle des dépenses, sur le même modèle que les lois de programmation militaire", détaille l'élu par ailleurs maire de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Le rôle des régions

L'association interpelle aussi les candidats sur d'autres points comme le rôle de chef de file des régions dans la définition des politiques de mobilité, ou encore sur l'intérêt d'initier un nouveau programme pluridisciplinaire dédié à la recherche sur les transports. Mais aussi sur l'avenir du système ferroviaire français, dans un contexte d'endettement du groupe public ferroviaire et d’une ouverture à la concurrence, dont la mise en œuvre par les régions qui le souhaiteraient nécessite de présenter un projet de loi au Parlement. TDIE les apostrophe, en outre, sur le rôle de l’État dans le renforcement du financement des systèmes de transports publics urbains, notamment sur la pérennité du dispositif de versement transport. Et les invite à porter un nouveau regard sur le transport routier, un temps "ignoré du discours politiquement correct", alors que "de nouveaux services de mobilité associés à de nouveaux comportements de mobilité" se développent et que "l’Etat doit accompagner ces évolutions". Enfin, le think tank les interpelle sur le fret, la compétitivité des ports et la place à redonner à la logistique dans les documents d'orientation de l'action publique, notamment dans les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité du territoire (Sraddet). Il pointe la répartition des rôles entre l’Etat et les collectivités dans la mise en œuvre d'une politique de la logistique, et s'interroge sur l'intérêt de mettre en place un schéma national de la logistique "sous l'égide d'une structure nationale dédiée".

 

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