Pollution chimique de l'eau potable : une organisation de médecins alerte sur les risques pour la santé

A quelques jours de la journée mondiale de l'environnement, le 5 juin, la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé médecins libéraux (URPS-ML), qui avait déjà mis en garde en 2025 sur les risques associés à la pollution au cadmium, a lancé ce 1er juin une nouvelle alerte concernant cette fois la pollution chimique de l'eau potable.

"La pollution de l'eau potable constitue une menace systémique, insuffisamment encadrée, aux conséquences sanitaires potentiellement considérables", a jugé l'organisation dans un communiqué. Un sujet sur lequel l'Etat a déjà été mis en cause, deux ONG environnementales ayant porté plainte contre lui en avril dernier (lire notre article), en estimant insuffisantes les mesures prises pour protéger l'eau des pollutions agricoles.

L'organisation de médecins libéraux rappelle qu'environ 19 millions de Français ont consommé au moins une fois en 2024 une eau non conforme, selon des chiffres du ministère de la Santé. Elle estime que trois familles de polluants sont "particulièrement préoccupantes" : les PFAS ou "polluants éternels" qu'elle juge "sous-surveillés (20 substances surveillées sur 4.000 à 15.000 existantes)" ; les pesticides "auxquels 14 millions de Français sont exposés" ; les microplastiques – "une contamination omniprésente et sous-estimée avec 413 particules par litre dans l’eau du robinet".

Si leur publication ne comprend pas de donnée nouvelle, les médecins rappellent les "nombreux risques associés" aux substances impliquées : "impact sur le système hormonal, nerveux et immunitaire avec développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs ainsi que de l'hypofécondité".

L'organisation dit avoir adressé une lettre au gouvernement pour lui demander une "évolution de la réglementation - élargissement des substances surveillées, amélioration des systèmes de filtration, réduction des PFAS et des plastiques", ainsi que de "favoriser le développement de l'agriculture biologique sur celui de l'agriculture intensive".

L'évaluation du risque sanitaire reste toutefois complexe : la présence d'un contaminant dans l'eau ne représente pas forcément un danger immédiat, des débats perdurant sur le seuil à ne pas dépasser, en concentration et en durée d'exposition.

 

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